Âmes Perdues

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    La fête des Lumières

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    Anne Demont
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    La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Lun 4 Avr - 18:26

    La petite fille était partie.

     C'était tout ce qu'Anne se voyait pouvoir dire. La petite fille était partie. Elle avait le téléphone en main, pour appeler elle ne savait qui-  ses parents, les jumeaux, le 17... Mais peut-importe à qui elle pensait vouloir dire ça. Elle n'allait pas réussir à la faire revenir.

     Elle reposa doucement le téléphone sur le combiné.

     Elle s'engagea dans le couloir, et une fois arrivée au bout, appuya sur l'interrupteur qui fit basculer la trappe au dessus d'elle et descendre l'échelle juste à côté de sa main encore boueuse. Elle attendit que le grondement électrique eût disparut pour monter tout en haut. Une fois arrivée dans les combles, elle ferma la trappe après avoir remonté l'échelle, et s'avança vers le vieux canapé de cuir.

     Cela faisait un moment qu'elle n'était pas monté là-haut. Elle avait trop grandit, maintenant. Elle ne pouvait plus s'y tenir debout. Mais elle ne voulait pas aller dans sa chambre, maintenant.

     Elle s'allongea sur le canapé, s'enroulant dans les foulards pour se réchauffer un peu. Elle avait envie de s'y enfouir, de se cacher, comme quand elle était petite et qu'elle jouait à être un animal qui se réfugiait dans sa grotte. Là, elle se sentait en sécurité, coupée du monde. Rassurée.

     Mais ça ne marchait pas. Pas maintenant . La lumière grisâtre qui tombait durement sur les arêtes des meubles autour d'elle était beaucoup trop réelle pour être ignorée. Tout était atrocement réel. Ça ne s'arrêtait pas à la petite fille: ses yeux se rappelaient de la lumière rouge. Elle se rappelait de tout.

    - Si je n'y crois pas, c'est bon...

     Elle se redressa.

    - Douter, elle a dit de douter.

     Elle glissa de nouveau, l'air hagard.

    - Mais elle a dit plein d'autres choses. Merde!

     Anne referma les yeux, inspira à fond, tentant de se calmer. La réalité était la solution, elle pensa, elle rouvrit les yeux et regarda autour d'elle pour se la prendre de plein fouet. Regarde cette réalité, toute cette réalité. Regarde ce qu'elle est, regarde. Tu vois? Pas de lumière rouge. Mais c'était qu'il n'y avait personne. C'était que ce n'était plus le moment. Parce qu'elle les avaient bien vues ces lumières, dans cette réalité. Elle avait entendu cette petite fille parler comme une adulte, lui expliquer des choses absurdes, incroyables. Elle ne pouvait plus faire confiance à la réalité.

     Elle baissa des yeux désespérés sur le sol, incapable de savoir quoi faire. Son regard tomba sur un livre qui traînait. Elle se baissa, le ramassa: c'était Harry Potter, le premier. L'exemplaire était vieux, défraîchi, couvert de gribouillis, une première édition usée par son manque de rigueur d'enfant. Et si c'était ma lettre à Poudlard ? Elle pensa soudain. C'était comme quand elle était petite fille, et qu'elle voulait que sa vie devienne soudain plus intéressante, qu'elle soit pleine d'aventures, de magie.

     Mais c'était effrayant. Parce que si tout cela était effectivement vrai, alors son corps abritait un esprit qui avait commis un crime. Qui sait? Sa lettre pour Poudlard était peut-être ... un meurtre. Elle sursauta, se leva brusquement, et se précipita vers la vieille penderie au fond du grenier. Dans le miroir qui lui faisait face, elle se scruta, tentant de trouver des signes de quoi que ce soit, un changement. Elle observait ses yeux avec une attention particulière. On disait que les yeux étaient les miroirs de l'âme, après tout. Mais elle ne voyait rien. Elle recula, contemplant son reflet avec appréhension. Où se cachait-il? Dans quel repli de sa peau, dans quelle mèche de ses cheveux? Ce n'était pas elle qu'elle regardait: c'était quelqu'un d'autre, et elle eût peur soudain qu'il soit bien là, et de voir son visage dans le miroir se déformer en un sourire malsain . Ébranlée par cette idée, elle baissa les yeux, évitant le regard de la glace.

     Sauf que ça ne sert à rien, se dit-elle brusquement. La chose dans sa tête allait se réveiller. La chose dans sa tête allait lui parler. La saleté de chose dans sa tête allait prendre le contrôle de son corps et la tuer .

     Elle se répétait tout ça, en regardant fixement vers les profondeurs obscures des combles endormies, mais elle ne ressentait rien. Elle n'arrivait pas à y croire. C'était complètement dingue. Même ce pauvre Harry ne s'en était pas pris autant dans la figure quand on était venu lui remettre son billet pour le surnaturel.

    - Anne?

     Elle sursauta. C'était la voix de sa mère.

    - Anne? Tu es rentrée?

     Elle n'avait pas du voir son sac dans l'entrée. La voix des jumeaux, qui se disputaient à propos de quelque chose, retentit derrière sa mère, suivi du claquement bruyant de la porte d'entrée. Anne regarda la trappe qui menait en bas, sans bouger, la bouche ouverte. Elle n'avait pas envie de répondre. Qu'est ce qu'elle allait dire? "Maman, papa, je suis possédée." Oh, mon Dieu, non. Cependant, elle ne pouvait pas descendre non plus sans rien dire. Elle se sentait trop bouleversée, cette fois.

    - Anne? Anne?

     Mais elle ne pouvait pas non plus se terrer là indéfiniment. Il fallait qu'elle redescende. Elle appuya sur l'interrupteur de l'échelle en soupirant, vaincue.

    - Je suis là, m'man.

     En descendant, elle réalisa soudain combien son dilemme avait été idiot. Mais je n'ai qu'à dire la vérité . La vérité était simple: elle avait eu une migraine. De cette migraine étaient nées des hallucinations. C'était ça. Ça ne pouvait être que ça. Pourquoi avait-elle hésité? Elle était mal, voilà tout. Elle avait peut-être avalé quelque chose de pas net, qui sait. Ce truc jaune à la cantine était définitivement suspect.

     Cette explication logique la rasséréna. Là, au milieu des cris des jumeaux et des paroles de sa mère, elle se sentait revenue, véritablement, à la normale. Puisqu'il y avait des choses aussi banales à manger que des légumes en conserve, puisque son frère et sa sœur se battaient pour une brosse à dents spiderman, qui aurait pu croire à toutes ces conneries sur la réincarnation? C'était juste impossible que ces choses arrivent dans la même dimension.

     Ses parents remarquèrent qu'elle avait l'air un peu étrange, mais elle n'accepta de répondre à leur questions qu'une fois les jumeaux dans leur chambre. Elle leur décrivit, sans trop de détails, ce qu'elle avait vécu. Elle parla de ses migraines, de la douleur, de l'impression de voir des halos rougeâtres, d'un espèce de rêve éveillé où elle avait parlé avec une petite fille. Ses parents la regardèrent avec inquiétude.

    - Tu t'endors en plein jour, chérie, et tu ne t'en aperçois pas? Tu es vraiment fatiguée...Tu travailles trop, c'est sûr...

    - Ces rêves éveillés, en effet...Tu as de la fièvre? Tu as peut-être la grippe.

    - Tu n'iras pas en cours demain. Tu dois te reposer. Je vais appeler le médecin.

     Anne se sentit rassérénée par ces paroles. Elle alla se coucher rapidement. Néanmoins, elle passa un certain temps à se retourner dans son lit, malgré la fatigue inhabituelle qui s'était abattue sur elle sitôt qu'elle avait touché l'oreiller. Elle mit un moment à comprendre ce qui la gênait. Finalement, quand elle se redressa un peu pour regarder autour d'elle et comprendre ce qui la mettait en alerte, elle croisa son regard dans le miroir en pied qui lui faisait face. Ce n'est qu'après qu'elle l'eût recouvert qu'elle put s'endormir.

     Son père avait réussi à lui obtenir un rendez-vous chez le médecin dès le lendemain. Sa mère l'y emmena avant d'aller au travail.

    - Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne? Demanda-t-elle en la déposant.

    - Mais non, c'est rien, et je n'ai pas peur du médecin...

     Elle n'attendit pas trop longtemps dans la salle d'attente. Le médecin la fit très vite entrer dans son bureau.

    - Alors, Anne, comment vas-tu?

    - Eh bien...

     Elle avait répété, depuis hier, tout ce qu'elle allait dire. La fatigue, le travail, cette monstrueuse migraine...Et tout ce qui avait suivit. Plus le temps passait, plus, se disait elle nerveusement, il y avait de chances que ça ne recommence. Elle voulait juste pouvoir prendre le plus vite possible une petite pilule qui lui ferait définitivement oublier ce mauvais rêve.

     Mais elle fût interrompue en plein élan par des coups frappés à la porte. Le médecin fronça les sourcils, s'excusa, se leva et alla l'ouvrir. Il y eut une brève discussion, dont elle entendit les mots "malade", "aide", et "médecin". Au bout de quelques minutes, le docteur, visiblement las, adressa un "Je reviens très vite" à Anne, puis sortit de la pièce.

     L'adolescente resta assise sur sa chaise, les bras croisés, sans bouger, pendant quelques minutes. Puis une demi-heure. Elle commençait à s'ennuyer ferme. Et où était ce fichu médecin ? Soudain, un vrombissement la fit sursauter. Elle mit quelques instants à repérer le portable sur le bureau. Elle se racla la gorge, ne sachant que faire.

    - Euh...

     Le médecin n'était toujours pas revenu. Le vrombissement l'exaspérait. A la dernière seconde, elle l'attrapa, au moins pour le faire taire. Ce faisant, elle toucha par inadvertance la touche "appel" qui s'était dessinée sur le clavier tactile.

    - Ahhhhh !

     Anne sursauta. Un hurlement venait de jaillir du téléphone. Une voix de femme. Elle avait l'air terrifiée. Terrifiée pour de vrai.

    tw - violence, mort :


    - Maine? rugit une voix d'homme, qui la fit sursauter. Maine, c'est toi?

     Anne ne répondit pas. Son cœur battait à tout rompre. Elle ne savait pas quoi faire. Elle n'était pas censée répondre, pour commencer. Mais surtout, ce cri effrayant ne lui disait rien de bon. Elle essaya de toutes ces forces que ce n'était qu'un

    - Maine, bordel, répond. Écoute, j'ai besoin de ton aide. J'ai trouvé une de ces enflures...

     Le cri de la femme retentit encore en arrière plan. Anne n'avait pas lâché le téléphone, mais elle le touchait avec répulsion, comme un objet tâché de sang. Elle sentit qu'elle ne devait pas parler. Surtout pas.

    - C'était pas facile, mais depuis quelques temps, ces crevures se baladent sans méfiance...Leur petite organisation leur donnent un putain de courage. TU VAS LA FERMER, SALOPE ? S'exclama-t-il sans crier gare.

     Il y eut une succession de bruits étouffés. La voix de la femme, qui continuait de crier de douleur, s'étouffa dans un gargouillement. Anne lâcha le téléphone, qui tomba sur le sol dans un son mat. Elle ne le quitta pas des yeux.

    - Maine? C'est quoi ce bruit? Merde, connasse, tu vois, on entend rien avec tes gémissements. Tu m'emmerdes.

     Il rigola, ce qui démentait ses propos.

    - S'il vous plaît, implora une voix, arrêtez, je n'ai rien...Je m'en suis presque débarrassée...Je n'ai rien fait de mal...

    - "Je n'ai rien fait de mal", singea l'homme. Sauf que si tu te retrouves à posséder une âme, c'est que t'es une putain de criminelle. Hein, que t'es une putain de criminelle? T'es même pire. T'es un monstre. Un sale putain de monstre.

    - Je n'ai rien fait! Je suis une Âme Perdue, pas un parasite...Je...

     Un cri déchirant résonna dans le téléphone, brouillé par des sons de chocs répétés. Anne sentit un frisson la secouer. Non seulement parce qu'elle imaginait ce qu'il se passait. Mais aussi à cause de ces mots: "Âme Perdue".

    - Arrête de t'agiter, vermine. Je passe un appel, tu vois pas?

     Les bruits reprirent, puis s'arrêtèrent. La femme s'était tue. Elle entendait simplement des sanglots répétés.

    - Bon, on dirait que j'aurais du t'appeler plus tard, Maine, soupira l'homme dans le combiné. Je me sentais tellement content, tu comprends...Mais cette saleté est vraiment trop bruyante. Je ferais mieux d'en finir. Attends deux secondes...

     L'adolescente comprit ce qu'il allait se passer. Elle ouvrit la bouche. Elle voulut parler, faire quelque chose. Mais avant qu'elle n'ait pu réagir, trois grands claquements résonnèrent dans l'appareil. Trois coups de feu. Ponctués de hurlements. Mais quand le dernier coup résonna, les hurlements se turent.

    - Voilà, je l'ai eu, cette saloperie de parasite, déclara une voix réjouie. Bon, Maine, tu sais ce qu'il te reste à faire, maintenant...Je t'envoies les cordonnées de l'endroit. Si tu pouvais t'en charger très vite...Le Père aimerait que les nettoyeurs soient plus souvent disponibles, tu sais...Il y a beaucoup de corps dont on doit se débarrasser, avec tout ce boulot qu'on a en plus. Ces choses sont en train de nous envahir. Les Exorcistes doivent contre-attaquer. Nous devons protéger la population.

     Il y eu un clic, puis l'écran du téléphone s'assombrit, pendant qu'il se remettait en veille.

     Anne resta là sans bouger. Sans même quitter l'objet des yeux. Sa respiration était précipitée, elle avait l'impression qu'elle allait avoir une crise cardiaque. Mais elle ne pleurait pas. Elle n'arrivait pas vraiment à assimiler ce qui venait de se passer.

     Exorcistes. Il avait parlé d'Exorcistes. ( Il a tué cette femme, il l'a tuée) Âmes Perdues. Elle avait bien entendu. C'était les Âmes Perdues. (Il l'a tuée, il y a eu trois coups de feu, il l'a vraiment fait ) C'était les Exorcistes et les Âmes Perdues . Comme ce qu'avait dit la petite fille. Elle avait dit: méfie toi de tout le monde. C'était vrai. Tout était vrai. Elle l'avait entendu. ( Il l'a tuée, il l'a tuée comme ça ) L'Exorciste avait tué l'Âme Perdue parce qu'il le voulait. Il existait vraiment, et l'Âme Perdue aussi, mais non, maintenant, elle n'existait plus. ( Elle criait à l'aide, elle criait, et il l'a tuée ) Et l'Exorciste avait appelé le docteur - le docteur Maine - pour qu'il l'aide à s'en débarrasser. (se débarrasser du corps) Le docteur Maine était donc un Exorciste.

     Et elle était une Âme Perdue.

     Des pas résonnèrent dans le couloir derrière elle. Elle réagit immédiatement. Sa main plongea sur le téléphone, le ramassa, le posa sur la table. Quand la porte se rouvrit, elle était assise dans son siège, et le portable reposait bien sagement à la place où elle l'avait prit. Le docteur s'avança vers son bureau . Il avait l'air aussi débonnaire que d'habitude.

    - Désolé pour l'attente, ce n'était pas prévu...

     Il attendait une réponse. Il fallait qu'elle parle. Elle avait envie de vomir, de partir en courant, mais ... Il ne doit rien voir.

    - Tout vas bien, ce n'était pas si long.

     Le docteur Maine sourit, et s'assit face à elle.

    - Alors, revenons en à cette discussion. Comment tu vas?

     Elle sentit son cœur s'emballer à l'idée qu'elle aurait pu lui dire. Tout lui dire. Qu'est ce qu'il aurait fait? Son regard descendit nerveusement sur ses mains. Il devait nettoyer le corps. C'était son travail. Il nettoyait. Qu'est ce que ça voulait dire, exactement? Concrètement? Elle souffla légèrement. Non. Il fallait qu'elle se concentre. Comme si elle jouait . Elle allait jouer. Et elle allait donner le meilleur d'elle-même parce que son jeu, c'était sa vue .

    - En fait...

     Elle devait trouver une idée. Elle ne pouvait pas lui donner ses "symptômes" d'Âme Perdue .  Et si il avait déjà deviné ? Cette pensée la glaça. Il lui semblait que le bureau du médecin rétrécissait à vue d’œil. Elle se sentait terriblement oppressée. Face à elle, l'homme souriait, inconscient. Mais il aurait sourit de toute façon. Il aurait été heureux, comme l'homme du téléphone. Il aurait été heureux de la tuer . Elle l'imaginait, debout, baissant une arme sur son visage, et elle pouvait voir les mots se former sur ces lèvres pâles, avec exactement le même sourire, polit et distant, il disait "salope de parasite".

    - A vrai dire...

     Elle baissa les yeux sur ses mains tremblantes, et les cacha sous ses cuisses tout en réfléchissant à toute vitesse .

    - Je...Je crois que...J'ai juste une migraine...J'ai eu mal et...Je travaille beaucoup...Je sais que ce n'est pas une maladie, je n'ai pas de fièvre, je suis juste...Fatiguée...

     Sa voix ne trembla presque pas .  

    - Je me demandais...Vous pouvez me donner quelque chose? Contre ça?

     Et si elle en avait trop dit? Les migraines, c'est ce qui avait déclenché toute cette histoire...Mais le docteur ne fit pas mine de s'avancer vers elle, ou de saisir son téléphone pour indiquer à son partenaire qu'il avait effectivement encore du travail à faire.

    - Migraines? Répéta le docteur. En effet, c'est sans doute ton travail qui fait ça...A ce propos, tu n'as pas joué dans une pub qui passait à la radio, celle pour le garage à l'entrée de la ville? Je crois bien avoir reconnu ta voix...


    - Oh, oui, bafouilla-t-elle. Excusez moi, mais j'ai cours, il faut bientôt que j'y aille...

    - Pardon, rigola l'homme. Je vois que la star est demandée! Bon, je vais te donner un peu de Doliprane, ça devrait t'aider à te sentir mieux.

     Il griffonna une ordonnance, puis, après qu'elle eût payé la consultation le plus calmement possible, alla lui ouvrir la porte. Elle se dépêcha de ramasser ses affaires et de se lever, et lui serra la main sans même le regarder . Elle n'en pouvait plus de rester dans cette pièce.

     Pendant un moment, elle marcha lentement, essayant de se donner un air naturel. Dès que le cabinet fût hors de vue, cependant, elle se mit à courir. Elle couru de toutes ses forces, comme si elle était poursuivie. Finalement, lorsqu'elle fût loin de la clinique, et que son estomac lui fit tellement mal qu'elle ne se voyait pas avancer plus longtemps, elle s'arrêta.

     Elle était sur un pont, au dessus de la Loire. Le fleuve coulait lentement sous elle. Les passants, qui avaient assisté à sa course effrénée sans trop en faire cas, habitués aux joggeurs qui parcouraient la ville de long en large, étaient peu nombreux. Les ignorant, elle s'agrippa à la barrière en fer, s'appuyant dessus. Ce qu'elle venait de vivre tournoyait dans sa tête. Elle était terrifiée. L'adrénaline la secouait encore. Si elle n'avait écouté qu'elle, elle aurait fuit bien plus loin. Elle aurait fuit pour toujours.

     Et de toute façons, elle serait toujours en fuite, désormais. Elle était une Âme Perdue. Elle était poursuivie par les Exorcistes. Elle allait devoir se méfier de tout le monde. Elle se retourna, lentement. Derrière elle, des gens marchaient. Un groupe d'adolescents discutaient avec animation, des adultes en costume et tailleurs marchaient rapidement, l'air concentrés, ou regardant leur smartphones, d'autres s'avançaient tranquillement vers l'autre côté de la rive, jetant un œil à l'eau de l'autre côté de la barrière. Tous pouvaient être des Exorcistes. Tous pouvaient vouloir la tuer.

     Et, juste au moment où elle se disait que ça ne pouvait pas être pire, tous les passants se colorèrent d'une intense lumière rouge.


    Dernière édition par Anne Demont le Mer 13 Avr - 10:40, édité 1 fois
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    Elsa Lefèvre
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Sam 9 Avr - 1:00


    L'eau de son bain commençait à refroidir. Elle soupira. Un mouvement fit glisser l’eau sur sa peau, lui tirant un frisson. Il était temps de sortir. Elle ouvrit doucement les yeux, un peu triste de quitter le réconfort de sa baignoire. Un regard sur l’horloge ; il était huit heure et quart. Alaric n’avait pas dit un mot depuis plus de trois heures. Elle détestait ça. Ils ne s’étaient pas disputés souvent, en trois ans de vie commune. A vrai dire, à par se raconter leurs vies, ils n’avaient pas fait grand chose, pendant tout ce temps. Tout allait bien. Ils avaient très vite appris à s’écouter, et à s’apprécier. Ils avaient même fini par apprendre à créer le silence, à défaire leurs pensées l’une de l’autre. Ils ne savaient pas trop comment, mais ça marchait. Et là, c’était exactement ce qu’il avait fait. Il s’était enfermé dans son coin. Même si Elsa le sentait là, quelque part dans sa tête, elle avait la désagréable impression d’être seule. Elle n’avait plus l’habitude. Elle ne l’avait plus été une seule seconde en près de mille cents jours. Elle attrapa sa serviette qui trainait sur l’évier, s’enroula dedans comme dans un pagne, et se dirigea maladroitement jusqu’au grand miroir accroché derrière la porte. Elle s’observa. Il n’était pas là. Son reflet ne se mêlait pas à son visage. Elle serra les dents.

    « Ric … »

    Quelque chose bougea dans sa tête. Mais il ne revint pas. Il restait terré au fond de son esprit.

    « Ric, je t’en supplie, parle moi. »

    La barrière se fissura, avant d'exploser. Son parasite apparut face à elle. Il avait les bras croisés, et un de ces airs graves qu’il arborait quand les sujets sensibles étaient abordés.

    « C’est stupide, ta réaction. »

    Il baissa les yeux. Il savait qu’elle avait raison.

    « Peut-être. Mais j’ai eu si peur … »

    Elsa passa une main dans ses cheveux trempés.

    « Ce n’est rien. C’est passé. »

    Il releva légèrement la tête, et planta son regard noir dans celui de la blonde.

    « Tu avais disparu, Elsa. Tu n’étais plus là, plus du tout. »

    Oui. Elle avait disparu, s’était envolée de son corps l’espace d’un instant. Alaric avait prit le contrôle, sans vraiment le vouloir. Il lui avait seulement fallut y penser un peu fort, et… Elle était partie. Depuis, choqué, il s’était recroquevillé sur lui même, restant aussi muet qu’une tombe.

    « Ca fait trois ans. Trois ans, et je suis toujours là. Je n’ai pas … On a rien cherché. Je ne sais pas ce que je fous dans ta tête. Je ne sais pas pourquoi … Bref. Ca suffit. Tu dois te soigner. »

    Le cœur d’Elsa se serra. Elle détestait l’entendre dire ce genre de chose. Ca lui donnait envie de le frapper.

    « Arrête tes conneries. Il n’est pas question que… »
    « … Que je prenne ton corps. » la coupa-t-il. « Tu vas te battre Elsa, et moi aussi. On va trouver. On va te soigner. »

    « Arrête de parler de toi comme d’un virus ! » s’emporta la jeune femme.

    Elle lui jeta un regard déconfit. Elle savait qu’il avait raison. Il était voué à disparaître, ou à la détruire. C’était comme ça. Ky l’avait dit. Ils ne pensaient seulement pas qu’en ne faisant rien … Non, ils n’avaient tout simplement pensé à rien. Elsa secoua la tête. Elle se détourna du miroir un moment, pour aller vider l’eau de son bain. Elle avait peut-être besoin de comprendre ce qu’il lui disait. Il faisait ça pour elle, non ? Mais quelque chose … Quelque chose au fond, tout au fond, lui hurlait qu’elle ne supporterait pas de le perdre.

    « Bon, très bien. »

    Sa voix était faible, mais ferme. Elle se redressa, desserra sa serviette, et s’essuya énergiquement.


    Elle s’était habillée en vitesse et avait gagné le salon. Sur la table à manger était étalée une carte immense. Elle s’en approcha en terminant de tresser ses cheveux mouillés.

    « Alors par quoi on commence ? »

    Elle sentit Ric tourner la tête dans son esprit.

    « Le feu. On commence par le feu. »

    Elsa se racla la gorge, gênée.

    « Je ne sais pas pourquoi je vois ça … »
    « Je pense que ça a un lien avec ma mort. Je me souviens d’avoir voulu mourir. J’ai fait tomber une bougie sur la moquette. »

    Un silence gêné s’installa un instant.

    « C’était après l’accident, Elsa. »

    Elle hocha la tête.

    « Oui, je sais. »

    Elle tourna la tête. Alaric la regardait tendrement. Depuis peu, elle arrivait à étendre sa « vision ». Elle arrivait à dissocier son image de celle de son parasite, à le voir à ses côtés, ou se déplacer librement autour d’elle. Il esquissa un sourire désolé avant de se repencher sur la carte. Ses yeux glissèrent du côté de la Bretagne.

    « Tu es en vacance, n’est ce pas ? »
    « Oui, j’ai posé des congés. »

    Le jeune homme approuva d’un hochement de tête. Son doigt se déplaça doucement sur la carte, en partant de Paris.

    «  Alors, je vais t’emmener chez moi, demain. »


    Ils avaient roulé tout le matin. Elsa ne savait pas vraiment quelle heure il pouvait bien être. Elle avait conduit en suivant les instructions d’Alaric, et en écoutant de la musique. Rien d’exceptionnel. Mis à part les flammes, bien sûr. Rennes. Voilà où ils étaient tombés. Elsa ne connaissait pas du tout cette ville. Pour tout dire, elle ne se souvenait pas avoir mis les pieds hors de paris une seule fois depuis son voyage à Tokyo, qui remontait à près de dix ans maintenant. Elle décida donc de poser la voiture assez rapidement.

    « Ne t’en fais pas. On va dans le centre-ville. Je vais te guider. »

    Il lui sourit. Elle adorait son sourire.


    Le chemin avait été laborieux, mais Alaric disait qu’ils se rapprochaient.

    « Tu vois le pont ? C’est juste après. »

    Elsa hocha la tête.

    « Tu as une idée de comment on va rentrer ? Ca va faire presque … trente ans non ? Ton appart est revendu. »

    Il plissa les yeux. Il semblait perplexe.

    « Je ne crois pas. »
    « Comment ça ? »

    Sa mâchoire se crispa. Il soupira bruyamment mais refusa catégoriquement de répondre. Elsa comprendrait au moment venu. Un peu déçue, elle baissa les yeux. Le bitume défilait sous ses pieds alors qu’elle avançait, tranquillement, sur le pont. Le bruit de l’eau lui rappelait ses promenades aux bords de Seine. Un soupir glacé s’échappa d’entre ses lèvres. Glacé ?

    Elsa releva prestement la tête. Quelque chose n’allait pas. Autour d’elle, le paysage s’était gelé. Plus de feu. Plus de bruit. Plus de vie. Tout se glaçait du sol au ciel, tout bleuissait à vitesse éclair. Son pouls s’accéléra.

    « Qu’est-ce qu’il se passe, » lui demanda Alaric, qui ne semblait rien remarquer.
    « C’est le feu … Je … Il n’y a plus rien. Tu ne vois pas la glace ? » elle avait dit ça dans un souffle.

    Ric se tourna et se retourna, ne semblant rien voir.

    « Non, Elsa, je… »
    Sa voix disparu aussi. La blonde avait rivé ses yeux sur une anomalie. Droit devant elle, elle avait vu une fille arriver en courant, se jeter sur la barrière du pont. Elle semblait terrifiée, mais terriblement en vie. Elle ne brûlait pas. Elle n’était pas glacée. Elle bougeait normalement. Elle fixait l’eau, sa poitrine se soulevant trop rapidement pour avoir été essoufflée par un simple jogging. Cette fille avait peur. Elle fit volte face. Soudainement, ses yeux s’ouvrir en grand, dans une expression horrifiée. Comme si elle voyait quelque chose que personne d’autre ne pouvait voir. Comme la première fois qu’Elsa avait vu les flammes. Une évidence s’imposa à elle : cette fille était comme elle. Une Âme Perdue.

    Le décor implosa.

    Tout se remit à brûler d’un seul coup. Elsa se sentit étrangement rassurée, en retrouvant le mouvement de la ville. Elle bâtit des paupières, un peu hébétée. La fille était toujours là, à regarder les gens qui passaient d’un air terrible. Que voyait-elle ?

    « Hé ! »

    Elle avait crié. Sans vraiment savoir pourquoi. Sans pouvoir se retenir. Sans écouter Alaric qui s’était mis à lui crier de ne pas s’en mêler. Elle s’était élancée, en courant, vers la fille.

    « Hé, toi, là ! »

    La fille sursauta vaguement, et tourna la tête dans sa direction. Ses yeux s’ouvrirent encore plus – si c’était vraiment possible – et son expression de terreur se changea en panique totale. Elsa accéléra encore, droit devant elle.


    Dernière édition par Elsa Lefèvre le Mer 13 Avr - 19:19, édité 1 fois (Raison : oubli balises)
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Mer 13 Avr - 12:00

    - Hé !

     Anne ne tourna même pas la tête, même si elle entendit vaguement le cri. Toutes ces lumières rouges autour d'elle la fascinaient et l'effrayaient, et elle ne pouvait en détacher les yeux. Encore moins penser à autre chose .

    - Hé !

     La voix se faisait plus insistante . Plus proche. Adressée à elle ? Mais elle n'arrivait pas à regarder ailleurs. Elle n'arrivait pas à tourner la tête pour chercher . Elle n'arrivait pas à bouger .

    - Hé !

     C'était étrange, pourtant, se disait-elle dans un coin de sa tête. Elle n'avait entendu personne s'approcher. Elle ne sentait personne à côté d'elle. Et pourtant, c'était comme si quelqu'un s'était collé à son oreille pour crier directement dedans.

     Et alors, elle se souvint.

      " Jusqu'ici, il dormait. Mais maintenant, il se réveille. "  

     Un frisson parcouru le corps crispé d'Anne tandis qu'une réalisation terrible lui apparaissait. Elle tourna doucement, presque imperceptiblement, la tête d'un côté. Personne à côté d'elle.

    - Hé! Quelqu'un ? Ohé! Qu'est-ce que...  

     Le visage agité d'un tic nerveux, les mains agrippées à la balustrade derrière elle comme pour ne pas tomber, elle se tourna de l'autre côté. Personne non plus. Et maintenant, elle l'entendait. La voix ne rebondissait pas sur le trottoir, ne se mêlait pas au bruissement de l'eau sous elle , ni aux vrombissement des moteurs au loin, sur le boulevard. La voix n'était pas dehors. Elle était à l'intérieur. A l'intérieur d'elle.

    - Hé !

     Soudain, les lumières avaient disparu. Plus rien. Plus rien! Hébétée, Anne ne bougea pas, continuant de fixer les passants avec inquiétude. C'était finit? Bien finit? Mais alors pourquoi elle entendait encore crier? A cet instant, enfin, elle comprit. Ce n'était pas la même voix. C'était...

    - Hé! Toi, là !

     Elle sursauta. Le cri s'était rapproché, entrecoupé d'inspirations hasardeuses et du bruit d'une course. Elle se tourna enfin vers son origine . Une femme qu'elle ne connaissait pas se précipitait vers elle en agitant la main d'un air surpris, voire... Ravi. Ravi? Pourquoi ? Qu'est-ce que cette inconnue pouvait bien lui trouver? Qu'est-ce qu'elle avait pu voir chez elle? Le sang d'Anne ne fit qu'un tour.

      Une exorciste .

     Le cœur battant à tout rompre, la jeune femme recula lentement, hésitante, se demandant que faire. Et puis, le bruit d'un coup de feu lui revint en mémoire. Alors, elle su ce qu'elle avait à faire.

     Elle se retourna. Et malgré son point de côté, malgré ses jambes molles, et malgré l'impression qu'elle allait s'évanouir d'une seconde à l'autre, elle se mit à courir.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Mer 20 Avr - 22:07



    « Tu lui as fais peur. Bravo. »

    La voix d’Alaric était plus amusée qu’en colère. Mais il n’appréciait quand même pas l’attitude d’Elsa. Il croisa les bras.

    « Arrête, Ric. Je n’ai jamais vu d’autre Âme… Je veux dire hormis ce… Ky… Je dois parler à cette fille ! »

    Il n’ajouta rien. Quelques heures de plus ne poseraient surement pas de problème pour la suite. Oui mais voilà, la fille s’enfuyait, et les regards sur leur course-poursuite effrénée attirait les regards. Elsa devait calmer cette fille, si elle comptait la rattraper, et espérer en tirer quoi que ce soit.

    « Tu devrais essayer ce truc, que tu fais depuis peu. »
    « Quoi ? Non, c’est trop dangereux, j’ai perdu connaissance la dernière fois. Je ne veux pas la perdre de vue ! »

    Alaric soupira.

    « Pourtant, ça pourrait marcher. »

    Elsa hésita. La fille, même essoufflée, commençait à la distancer. La peur, sans doute. Elsa jura mentalement. Elle devait l’avoir prise pour une exorciste. Pourtant, elle avait sourit… Mais comment ne pas s’inquiéter, quand on connaît toute l’histoire ? Ce dont Alaric parlait, c’était d’une nouvelle capacité qu’elle avait commencé à développer depuis peu.  Elle pouvait … c’était étrange. Comme si elle envoyait une vague de chaleur directement dans le cœur des gens. Elle pouvait les calmer. Mais elle ne l’avait fait qu’une seule fois, et ça lui avait couté cher. Elle n’était pas sure de pouvoir se permettre de recommencer.

    « Elle va t’échapper, ch… Elsa. »

    Il fallait rapidement prendre une décision. La fille tourna dans une rue. L’espace d’un instant, Elsa la perdit de vue. Son cœur se serra.

    « D’accord. D’accord, je vais le faire. »

    Elle ralentit un peu la cadence, pour mieux se concentrer. Elle visualisa la fille. Une boule chaude commença à se créer dans son esprit. Elle sentait cette boule d’énergie grandir, et grossir. Son souffle s’accélérait de concert. Alaric se tortillait dans un coin de sa tête.

    « Allez, allez ! »

    Puis finalement, elle imagina la boule de chaleur sortir de sa tête, sortir d’elle, et se propulser directement dans le cœur de la fille.

    « Non ! »

    La voix d’Alaric résonna dans le vide. Elsa avait perdu connaissance.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Jeu 21 Avr - 0:36

    Anne le sentit alors qu'elle tournait au coin de la rue, dans la direction de chez elle. Dans la confusion, c'était là qu'elle s'était dit qu'elle irait, et elle venait juste de se dire que c'était une très mauvaise idée et qu'elle devait changer de route tout de suite et qu'elle était stupide de courir comme ça, elle était une cible facile, et puis ...

     La chaleur.

     Elle s'arrêta. Ses pensées ralentirent. Elle n'avait plus peur. Elle n'avait même plus vraiment mal. Elle se sentait calme. Détendue. Son cerveau analysa tranquillement que c'était anormal, tout comme cette chaleur dans sa poitrine qui lui donnait l'impression d'être un chauffage portatif. Oui, mais plus anormal que de voir des lumières rouges partout sur les gens, se dit-elle, et alors, malgré son calme, elle plaqua une main sur sa bouche .

     Des pouvoirs !

     Peut-être que les Exorcistes ont de pouvoirs, eux aussi, lui indiqua la partie prudente de son esprit, mais Anne n'en ressentit aucune peur. Tout ce à quoi elle pensait, c'était Ky, qui lui parlait des pouvoirs que son âme allait lui donner. Et de cette fille, qui avait eu le pouvoir de la calmer, parce que qui d'autre aurait fait ça, hein? Le papi assis sur un banc qui avait assisté à sa course effrénée, qu'elle salua comme si de rien n'était en s'avançant rapidement dans l'autre sens? Non. Il n'y avait qu'une seule solution. Elle était confiante. C'était une autre Âme Perdue ! Elle accéléra encore. Oh, pourvue qu'elle puisse la retrouver! Elle l'avait distancée, finalement, et elle n'était pas sûre de se rappeler par où elle était passée.

     Cependant, au détour d'une ruelle, elle entendit des voix fortes lancées dans une discussion animée et tourna la tête . Et alors, elle vit un attroupement de gens autour de... Mais oui, ces cheveux blonds bouclés qu'elle distinguait par terre, et ces vêtements, c'était bien l'inconnue qui l'avait pourchassée!

     Elle se précipita vers la petite foule qui commençait à se former .

    - Excusez moi ! Laissez moi passer! Je la connais !

    - Oh, mais c'est vous après qui elle courrait comme ça ? Demanda une dame d'un ton sévère . Courir par cette chaleur! Pas étonnant qu'elle se soit évanouie, avec cette chaleur !

    - Comment elle va ? Demanda Anne sans écouter, alors qu'elle arrivait enfin tout prêt de l'inconnue. Vous avez appelé le SAMU ?

     Oh, non! Si ça se trouve, sa seule alliée potentielle était morte à cause d'elle!

    - Ne vous inquiétez pas, elle respire, la rassura une femme à côté d'elle. Ne vous en faites pas, je suis infirmière, je peux vous dire que sa vie n'est pas en danger . Et quelqu'un a déjà appelé le SAMU. Ils ne vont pas tarder.

     Anne soupira, soulagée. Cependant, l'inquiétude revint tandis qu'elle observait le corps amorphe de la jeune femme, allongée sur les pavés. Un malaise causé par des pouvoirs surnaturels d'Âme Perdue... Est-ce que ça se soignait seulement? Et... Et si à cause de ça des Exorcistes la trouvaient?

      Réfléchis , Anne . L'infirmière avait dit qu'elle allait bien. Peut-être qu'il fallait mieux l'emmener ailleurs... Mais ça ne voulait pas dire qu'elle n'avait pas besoin d'aide médicale, et d'ailleurs, comment ferait-elle ? Réflechis, réfléchis, réfléchis !

     Mais elle fût interrompue quand elle vit avec stupeur la femme immobile se mettre soudain à bouger .

    - Ouch ...

     La foule se tût, surprise. Anne fût la première à se baisser:

    - Eh ! Vous... Vous vous sentez bien ?

    - Vous ne devriez pas essayer de bouger si ça ne va pas, intervint l'infirmière.

     La jeune femme, qui s'était lentement assise en fermant les yeux dans une grimace de douleur, les rouvrit enfin et détailla la scène d'un air perplexe. Puis elle baissa les yeux sur le sol où elle se trouvait.

    - Oh, non! Non! Non !

     A cet instant, un jeune homme s'approcha d'eux, et demanda:

    - Euh... Vous avez encore besoin de l'ambulance ?

    - L'ambulance ? Répéta la femme, l'air paniquée.

     Sans prévenir, elle attrapa le bras d'Anne, l'obligeant à se rapprocher.

    - Écoute moi! Il ne faut pas que qui que ce soit m'examine! Pas maintenant! Pas dans cet état! Tu comprends ?

    - O... Oui, répondit Anne, revenue de sa surprise. Je vais vous aider, ajouta-t-elle avec plus d'assurance. Vous pouvez marcher?

     Car ce n'était définitivement pas une Exorciste qui aurait pu avoir peur qu'on l'examine, elle en était certaine.

    - Ça va aller, répondit la jeune femme en chuchotant. Maintenant, vite, on ne doit surtout pas attirer l'attention. C'est très dangereux. Aides moi à me relever, et on y va, ok ?

     Anne ne lui demanda pas où : le plus important, c'était de s'éloigner de la scène. Effectivement, les badauds, intrigués par la foule qui continuait d'observer le spectacle avec intérêt, commençaient à arriver en nombre.

    - Elle va bien, ne vous inquiétez pas ! S'écria Anne en aidant l'inconnue à se relever ( celle-ci chancela, mais à peine ) .

    - On devrait attendre l'ambulance , avança l'infirmière d'un ton autoritaire.

    - Non, non, ce n'est pas grave, ça lui arrive de s'évanouir, elle fait souvent de... De l'hypoglycémie …

     Anne essayait de s'éloigner, tout en soutenant la jeune femme, mais l'infirmière continuait de lui barrer la route.  

    - Mais pourquoi vous ne me l'avez pas dit plus tôt?

    - Parce que... Parce que... Oh, parce que j'ai eu peur, et maintenant, elle doit rentrer chez elle , voilà ! Répondit Anne en catastrophe, à bout.

     Heureusement, l'infirmière finit par la laisser passer, voyant que l'ex-évanouie s'écartait d'Anne et marchait à grand pas, s'éloignant du centre de l'attention à toute allure. Anne du même se dépêcher pour la rattraper. Elle entendit au loin :

    - Et l'ambulance, alors?

    - Il n'y en a pas besoin , répondit quelqu'un, et elle soupira de soulagement.

     A ce moment, le pas de la jeune femme à côté d'elle ralentit. Elle semblait essoufflée.

    - Vous êtes sûre de pouvoir marcher ? S'enquit Anne, inquiète. On devrait peut-être.

    - Encore... un...Peu, souffla la blonde, les yeux rivés droit devant elle. Il faut... Qu'on s'éloigne...Absolument.

     Elle s'accrocha à l'épaule d'Anne, qui l'aida à marcher encore quelques mètres. Elle semblait de plus en plus épuisée.

    Finalement, elles atteignirent une minuscule allée entre deux immeubles, où le seul public présent était des poubelles. L'inconnue se laissa aller contre le mur, ferma les yeux, tentant visiblement de reprendre sa respiration affolée. Pendant quelques minutes, il n'y eût que le bruit de ses inspirations régulières, et puis, même ce bruit s'arrêta. Alors Anne demanda, timidement:

    - Vous allez mieux?

     La jeune femme, qui regardait le sol, releva les yeux. Anne remarqua avec surprise qu'elle avait l'air d'être sur le point de pleurer. Peut-être qu'utiliser ses pouvoir, s'évanouir et risquer de se faire trouver par les Exorcistes lui avait fait un choc?

    - Non, ça ne va pas mieux, non, répliqua-t-elle d'ailleurs d'une voix tourmentée.

    - Euh... Je peux peut-être vous aider ? , poursuivit Anne de la voix la plus calme possible. Vous avez faim? Ou soif?

    - Non, ce n'est pas ça, non ... Je n'ai pas l'habitude, je... J'essaie de …

     Nouveaux silence. Elle avait l'air vraiment secouée. Peut-être qu'elle était vraiment en état de choc, finalement. Anne se demanda quoi faire. Peut-être que si elle discutait avec elle, tout simplement, ça l'aiderait à reprendre contact avec la réalité...  

    - Euh... Tiens, au fait... Vous ne m'avez pas dit votre nom... Moi c'est Anne, et vous?

     Bon, c'était vraiment nul, comme discussion. Elle-même non plus ne devait pas en très bon état. Mais la jeune femme lui jeta tout de même un nouveaux regard, puis, après un soupir, sortit de son mutisme pour déclarer finalement:

    - Moi... Je m’appelle Alaric.






    HRP:
    Comme n’utilises pas les couleurs, moi non plus ! ( et puis je te mettrais quelle couleur, hein ? ;m; )
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Lun 9 Mai - 16:42

    /!\ ATTENTION -> propos grossiers présents /!\

    Bordel de merde, Elsa ...

    Elle a encore disparu. Complètement. Je ne la ressent même plus. Les larmes me montent aux yeux alors que cette "Anne" me regarde avec un air perplexe. Je lui ai dit mon prénom. Mon prénom à moi. Elsa est partie. Je n'aurais pas dû la pousser. Et si elle ne revient pas ? Je sens que je vais pleurer.

    " Oui, je sais. J'ai pas une tête à m'appeler Alaric. Elle, c'est Elsa. C'est elle qui t'a envoyé du calme, tu as dû le ressentir. Ça l'a..."

    Ma voix s'étouffe. Je ne peux pas le dire. Mes yeux me piquent. Je détourne le regard. C'est trop dur. Beaucoup trop.

    " Elle est partie, " je souffle.

    La fille prend un moment - de réflexion je suppose. Puis j'entends une petite voix me demander:

    " Vous êtes le parasite ? "

    Elle a l'air inquiète. Ou autre chose, je me trompe peut-être ? Je n'écoute pas vraiment. Le parasite. Oui. Oui c'est moi, et je suis entrain de détruire celle que ... Un hoquet me surprend. Des larmes explosent hors de mes yeux sans que je ne puisse les contenir vraiment.

    " J'ai ... Oui, oui, je crois. Je ... C'est moi le ... Le ... "

    Je m'effondre. Il y a comme un vide dans ma tête.

    " Putain de merde, fais chier ! "

    Je frappe du poing au sol. Ma peau ... La peau d'Elsa se déchire sur le goudron explosé par le temps. Je regarde le sang et la peau arrachée avec rage, et stupeur. J'ai blessé Elsa. Physiquement. Je suis un monstre. La douleur arrive d'un coup. C'est atroce, je grimace.

    " Vous auriez quelque chose à mettre là dessus ? "

    Je lève les yeux vers la fille.


    Dernière édition par Elsa Lefèvre le Lun 9 Mai - 16:44, édité 1 fois (Raison : Mes yeux n'aiment pas les fautes)
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Sam 28 Mai - 21:54

    Anne sentit son cœur s'accélérer tandis qu'elle comprenait enfin ce qu'il se passait. «  Vous êtes le parasite ? » Elle avait dit ça d'une toute petite voix, alors que son rythme cardiaque se précipitait dans sa poitrine. De la peur. Bien sûr, elle repensait à ce qu'avait dit la fillette. Un criminel … Mais ce qui la faisait trembler, c'était qu'il était là, dans un corps. Dans le corps de cette autre Âme Perdue. Il la possédait.

    Et d'un coup, elle se voyait à sa place, dans quelques années. Ou plutôt, elle ne se voyait pas, elle. Il n'y avait que son corps... Et quelqu'un d'autre dedans. Et elle, à ce moment là, elle serait où ?

    Elle se secoua. Ce n'était pas le moment de s'effrayer . Il fallait qu'elle réfléchisse, et vite. Elle était en train de parler avec un parasite ! Que devait-elle faire ? C'était un criminel, après tout. S'éloigner, partir en courant ? Ou bien rester, essayer de faire revenir la pauvre fille qui venait de perdre son corps … ?

    Cependant il lui répondit. Et d'une voix si perturbée, si désespérée, qu'elle se sentit hésiter. C'était comme si... Comme s'il ne voulait pas être là, dans ce corps. Comme s'il regrettait. D'ailleurs, il avait paru si troublé, déjà, en lui expliquant la situation. Elle aurait cru qu'un parasite qui aurait réussi à posséder un corps aurait laissé échapper deux ou trois éclats de rires triomphants. Pas des larmes qui dévalaient sauvagement ses joues sans s'arrêter.

    Soudain, il explosa de colère. Surprise, apeurée, Anne recula alors qu'Alaric frappa le trottoir du poing. Mais il ne semblait pas décidé à lui faire du mal, ou quoi que ce soit, d'ailleurs. Il remonta lentement sa main – enfin, celle de cette fille – devant son visage, et la contempla d'un air horrifié. Il a si mal que ça ? Non, c'était autre chose. Du regret. Voilà, il avait blessé ce corps, et il regrettait. Anne sentit son hésitation se muer en certitude. Il ne veut pas de mal à cette fille. Elle n'avait pas besoin de le fuir. Elle allait l'aider.

    - Vous auriez quelque chose à mettre là-dessus ?

    Anne hésita, puis se baissa à son tour, et laissa son sac de cours glisser de son épaule . Elle fouilla quelques instants pour en sortir finalement une bouteille d'eau et un paquet de mouchoirs.

    - Je n'ai rien d'autre, s'excusa-t-elle lui tendant le tout.

    Mais Alaric hocha la tête et saisit ce qu'elle lui donnait. Puis il passa de l'eau sur sa main blessée, et utilisa un mouchoir pour tamponner délicatement le sang. Il agissait avec concentration, comme un chirurgien en pleine opération. Quelqu'un qui soignait quelqu'un d'autre. Anne l'observait, fascinée. Finalement, elle pensa à demander :

    - Ça va ?

    - Ça peut aller pour l'instant, trancha le parasite.

    Il se releva, et Anne le suivit avec un petit temps de retard. Elle remarqua qu'il n'avait plus l'air aussi fatigué. Il s'habitue, songea-t-elle.
    - Mais nous avons un autre problème. Elsa... Celle à qui ce corps appartient. Elle a été affaiblie lorsqu'elle t'a aidée. Et maintenant... Il faut la faire revenir. C'est dangereux. Tu ne sauras pas comment...

    Il y avait tellement de supplique dans ces yeux-là qu'Anne hésita à répondre :

    - Je... Je ne sais pas. Je ne suis au courant que depuis deux jours...

    Deux jours ! En deux jours seulement, elle était passée de l'élève ordinaire à la fille qui aidait un fantôme criminel à s'enfuir …

    Alaric souffla, l'ai frustré, mais cette fois, il ne frappa rien. A présent, il semblait réfléchir intensément. Anne hésita, et finalement, demanda :

    - Mais... Elle... Elsa … Elle est où ?

    Le parasite releva la tête vers elle , sourcils froncés. Anne se dépêcha d'expliquer :

    - Si on veut la chercher... Il faut commencer par là, non ?

    Et puis je voudrais savoir où je serais, quand ça va m'arriver. Elle tentait de chasser cette pensée de toutes ses forces.

    - Vous avez raison, finit par répondre Alaric. Mais je n'en sais rien. Elle est simplement... Absente.

    Anne déglutit, mais elle parvint à rester concentrée.

    - Dans ce cas...

    Elle commença à tourner en rond, comme chaque fois qu'elle réfléchissait intensément . Cette Elsa n'était pas là. Ils ne pouvaient pas la contacter, encore moins la forcer à revenir, sinon, elle était prête à parier que ce parasite l'aurait déjà fait. Par conséquent, ils ne pouvaient pas la ramener. Mais ce qu'ils pouvaient faire...

    - Je sais !

    Elle se retourna vers Alaric.

    - C'est parce que vous contrôlez son corps qu'elle est en danger, hein ?

    Le parasite la regarda pensivement, puis finit par répondre d'un hochement de tête.

    - Donc, pour que le danger disparaisse, on n'a pas besoin qu'elle reprenne conscience. Il faut juste que vous partiez . Non ?

    Anne se figea, de nouveau hésitante.

    - Mais euh... Vous savez comment faire ?
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Lun 30 Mai - 13:16

    Si je sais comment faire ?
    Non. Non, je n'en sais rien du tout. Sinon je l'aurais déjà fait. Mais elle a peut-être raison. Peut-être que me mettre en sommeil pourrait... Mais je ne sais pas comment faire. Je regarde Anne. Elle a l'air de vraiment vouloir m'aider. Même si ça ne fait que deux jours pour elle.

    Deux jours... Je me souviens, moi, de mon deuxième jour avec Elsa. Elle a toujours été si tendre. Elle m'a rassuré. Pendant toute une semaine, elle m'a rassuré. Depuis trois ans, elle me rassure.

    " Je n'en ai pas la moindre idée. "

    Je suis dépité. Ma main me fait mal.
    La main d'Elsa ...
    Les larmes sur mes joues commencent à sécher.

    " Pardon. Elle voulait vous parler, et finalement... Je devrais peut-être vous laisser tranquille. "

    Elsa m'en voudrait. De partir sans lui poser de questions, sans savoir qui est cette fille. Quand elle reviendra... Si elle revient. Mon ventre se tord.

    " Je ne veux pas être impoli, mais vous pensez qu'on pourrait peut-être ... "

    Je ne sais pas quoi lui dire. Lui demander d'aller chez elle ? Est-ce qu'elle ne le prendrait pas mal ? L'emmener dans un café ? Mais il faudrait un endroit calme. J'ose.

    " ... aller chez vous ? Je veux dire... "

    Ma tête tourne. Quelque chose se passe.

    " Peut-être que je pourrais... Enfin, on pourrait ... discuter ? "

    J'essaye de me décoller du mur. J'ai l'impression que tout tangue autour de moi, et que quelque chose pousse mon esprit.
    Pas quelque chose, Ric, quelqu'un !
    Elsa ! Je porte la main à mon front.

    " Je crois que c'est ce qu'Elsa voudrait. Savoir des choses sur vous. Elle... On n'a jamais rencontré d'autres... Enfin... Vous savez, des Âmes, comme nous. "

    Je me doute que ce que je dis doit sembler très bizarre. Même brouillon. Je fixe la fille, espérant qu'elle accepte de me parler un peu plus d'elle.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Dim 19 Juin - 23:10

    Anne se mordit la lèvre quand elle l'entendit dire qu'il ne savait pas comment revenir. Elle se sentait responsable pour ce qu'il s'était passé. Elle n'aurait pas dû s'enfuir. De toute façon, c'était stupide. Si ça avait vraiment été un Exorciste, il ne l'aurait pas tué en pleine rue.

    C'est pourquoi elle fit un geste quand Alaric parla de s'en aller. Elle ne pouvait pas le laisser vagabonder comme ça, surtout qu'il avait toujours l'air dans un sale état. Alors elle fût plutôt soulagée quand il lui demanda s'il pouvait aller chez elle.

    - Hé ! Vous êtes en contact avec elle, finalement ?

    - Elle est là, quelque part, expliqua Alaric. Mais elle n'arrive pas à me parler …

    - C'est quand même bon signe, trancha Anne. En tout cas... On pourrait discuter de ça chez moi, ce serait sans doute mieux … Attendez.

     Elle réfléchit . Personne n'était chez elle, donc ils seraient tranquilles. Mais le parasite semblait sur le point de s'évanouir à chaque instant. Si elle arrivait à faire monter Alaric au grenier dans son état, cependant, il pourrait rester dormir tranquille. Personne n'allait jamais au grenier , et …

     Une minute . Elle avait faillit oublier ! Alaric était l'esprit d'un criminel. Qui sait ce qu'il se passerait si elle l'amenait chez elle ? Même s'il voulait aider cette Elsa, ça ne voulait pas dire qu'il allait … Ne pas tuer d'autres gens, par exemple.

     Mais si Elsa revient , ça n'arrivera pas. Et je ne peux pas la laisser comme ça, c'est de ma faute si elle est … Où qu'elle soit. Alaric la regardait fixement, attendant comme elle le lui avait demandé. Anne l'observa à son tour. Et alors, elle se dit qu'elle n'aurait de toute façon aucun mal à le maîtriser avec son corps tremblant qui semblait sur le point de s'effondrer . Elle prit sa décision.

    - Ça devrait aller. On n'a qu'à aller chez moi. Par contre, vous arriverez à marcher jusque là ?

    - Pas tout seul , avoua Alaric en se décollant du mur.

     Anne le laissa glisser son épaule sur la sienne ( Qu'est-ce qu'elle est maigre ! Ne put-elle s'empêcher de remarquer ) et à deux, ils partirent, lentement. En voyant à côté d'elle le visage qu'habitait Alaric, dégoulinant de sueur, et en entendant sa respiration heurtée, elle sut qu'elle ne s'était pas trompée. Il ne représentait un danger pour personne, sauf peut-être pour Elsa, vu comme il risquait de trébucher à chaque instant.

     Ils prirent le bus pour économiser les forces d'Alaric. Assis sur une chaise à côté d'elle, celui-ci dodelinait de la tête et faillit s'endormir. Les gens les dévisageait, mais par chance ils arrivèrent à son arrêt avant que quelqu'un n'ait pu faire une remarque et elle entraîna rapidement le parasite épuisé à l'extérieur. Enfin, ils arrivèrent devant chez elle.

    - Attendez-moi là, murmura Anne, après avoir laissé son étrange compagnon s'asseoir sur le muret du jardin. Je vérifie qu'il n'y a personne.

     En effet, si jamais ses parents la voyaient rentrer avec une inconnue malade, ils s'empresseraient de l'emmener à l'hôpital. Ils n'étaient pas censés être là, mais on n'était jamais trop prudent.

     Elle déverrouilla la porte de l'entrée et entra timidement dans la maison.

    - Papa ? Maman ? Les jumeaux ? Ohé ?

     Aucune réponse. Heureusement : elle n'avait aucune idée de ce qu'elle aurait fait s'il y en avait eu une. Elle revint chercher Alaric et enfin, ils entrèrent dans la maison . Quelques efforts de plus, et ils parvinrent à se hisser dans le grenier. Enfin. Anne se laissa tomber sur le tapis, tandis qu'Alaric se retrouva affalé sur le canapé, essoufflé, les yeux fermés.

    - Ca va aller ? Demanda-t-elle .

    - J'ai connu des jours meilleurs, marmonna l'autre.

    -  Vous voulez boire quelque chose ?

     Anne lui tendit une bouteille d'eau, dont il bût quelques gorgées. Puis il l'éloigna de sa bouche et la tint devant lui, l'air songeur. Un silence s'installa. Enfin, Anne osa demander :

    - Alors... Vous vouliez me parler ?
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Dim 26 Juin - 16:08

    Une bouteille d'eau dans la main, avaler. L'esprit embrumé. Quelque chose venait de se passer. Quelque chose de bizarre. Elsa regarda autour d'elle du coin de l'oeil. Un grenier... Elle était allongée. Des échos de voix dans tête lui donnaient le tournis.

    " Elsa ? Tu ... Elsa ! Mon am... "

    Sa voix disparait d'un seul coup.

    " Alors ... Vous vouliez me parler ? "

    Elle fixait la bouteille d'un air songeur. Que dire ? Elle ne se souvenait de rien. Juste la fille, et ... plus rien. Une seconde... C'était cette fille, n'est-ce pas ?

    " Ric ? " dans sa tête, la voix résonna.
    " Elsa, tu es revenue... "

    Il semblait avoir pleuré. Il lui sembla deviner le visage de l'homme, avec les yeux rougis par les larmes.

    " Pardon, Ric. J'aurais dû t'écouter. "
    " C'est, elle, Elsa, je t'ai emmené chez elle... La fille. L'autre âme. "

    Oui... Il avait fait ça pour elle. Elsa grimaça. Sa main s'était soudainement mise à la piquer. Elle baissa les yeux pour découvrir une vilaine blessure, qui aurait bien mérité d'être passée sous un jet de désinfectant.

    " Qu'est ce que ... "

    Alaric se racla la gorge.

    " C'est moi, Elsa. Pardon. Je t'ai fait mal... "

    La jeune femme soupira. Elle ne lui en voulait pas vraiment. Un peu sonnée, elle tourna les yeux vers Anne, qui attendait patiemment.

    " Oui. " lâcha-t-elle finalement. " Oui, je voulais parler. "

    Elle se redressa maladroitement, un peu chancelante encore.

    " Mais avant, je devrais peut être ... " un doux sourire étira ses lèvres, marquant un silence. " Je m'appelle Elsa Lefèvre. Tu connais déjà Alaric, si je ne me trompe pas. Merci de m'avoir fait monter ici. "

    Les mains reposées sur ses genoux, le dos légèrement courbé vers l'avant, Elsa étudia la réaction de son hôte.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Mar 28 Juin - 20:10

    Anne écarquilla les yeux. La fille était revenue ! C'était déstabilisant. Elle n'avait vu aucune différence. Est-ce qu'un jour, quelqu'un d'autre serait dans son corps, et personne non plus ne verrait la différence ?

     Enfin, elle avait réussi à retrouver son corps , et elle avait l'air d'aller plutôt bien, après ça. C'était plutôt bon signe. Revenue de sa surprise, Anne sourit à la jeune femme.

    - Euh, de rien ! Balbutia-t-elle enfin, se rappelant qu'il fallait répondre. Je... Je suis surprise de vous voir revenue, s'expliqua-t-elle. Je ne savais pas si... Enfin, quand vous alliez y arriver, ajouta-t-elle précipitamment

     Elle résista à l'envie de lui poser des questions sur l'endroit ou elle était quand elle avait disparu, ou sur comment elle était revenue dans son corps. Elsa n'avait sûrement pas envie de parler de ça, et puis elle avait l'air perdue. D'ailleurs...

    - Excusez moi, déclara Anne. C'est un peu de ma faute si tout cela est arrivé... Je n'aurais pas du courir, sinon...

     Elle passa une main dans ses cheveux, gênée.

    - En fait, je vous ait prise pour une Exorciste. Mais au fait...

    - Comment vous m'avez reconnue ? Moi, je n'ai comprit que vous étiez une... Une Âme Perdue

     Les mots sonnaient étrangement dans sa bouche.

    - … Que parce que j'y ait réfléchit. Mais vous m'avez reconnue tout de suite... Comment vous faites ça ?

     Elle grimaça.

    - Enfin, c'est peut-être un truc que je n'arrive pas à faire parce que … ce n'est pas encore finit. Vous voyez... Mon... Mon « parasite » …

     On sentait les guillemets. Non pas qu'elle ne croyait pas que c'était un parasite. Elle avait juste du mal à se représenter que c'était, tout court.

    - …. Eh bien... Je ne lui ai pas encore parlé. Ça ne fait pas longtemps que je sais tout ça. Je...

    Elle s'interrompit. Le souvenir de sa vision sur le pont la fit frissonner. Elle ne lui avait pas parlé, non. Elle l'avait entendu !

     L'idée d'avoir un autre être humain dans la tête se faisait de plus en plus concrète. Et Anne commençait à avoir de plus en plus de se rouler par terre ou de s'enfuir en courant. Au lieu de quoi, elle releva la tête et observa l'inconnue avec de grands yeux pleins d'espoir.

    - Dites... Vous, vous parlez avec votre … parasite, et vous... Vous avez l'air d'en savoir plus que moi... Vous pourrez m'aider ?
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Mar 28 Juin - 21:47

    Elsa écoutait la jeune fille avec attention, et un regard plein de tendresse. Cette fille avait l'air effrayée. C'était normal. Après tout, elle savait que tout le monde, et par tout le monde elle entendait les âmes perdues, n'aurait pas la chance d'avoir pour parasite un être aussi gentil qu'Alaric.

    " Je suis peut-être entrain de l'effacer sans qu'elle ne le remarque, et elle me trouve gentil... "

    Elsa tenta de ne pas faire paraître le choc qui la frappa en entendant les pensées d'Alaric. Un silence glacial enveloppa soudainement son esprit. Il n'avait visiblement pas fait exprès. C'était difficile de ne pas se crisper complètement.

    " Tu n'aurais pas dû entendre ça... "

    Il l'avait blessée. Pour marquer sa colère, Elsa ferma son esprit, bloquant ses pensées à Ric.

    " Pardon, tu disais ? Anne, c'est ça ? " elle avait entendu le prénom de la fille dans les souvenirs de son parasite.

    Mon parasite... C'était la première fois depuis bien longtemps qu'elle le dénommait ainsi. Alaric n'était plus un "parasite" pour elle depuis bien longtemps. Il lui avait vraiment fait de la peine.

    " Je t'ai reconnue grâce à ... Ma "vision". Tu sais ce que c'est ? Pour moi, c'est du feu. Partout. Là, par exemple, je vois tout brûler autour de nous. " elle avait dit ça avec un sourire calme, " Sauf toi. Toi, tu es normale. J'ai su. Ca viendra, pour toi aussi. "

    Elle n'avait pas encore eu de contact avec son parasite. Cette pauvre fille ...

    " Moi oui, je suis toujours "connectée" avec Alaric. C'est comme ... une colocation ? " un rire léger lui échappa.

    Mais ça sonnait faut. Anne allait l'entendre. La gorge d'Elsa commençait à se nouer, mais ça ne venait pas d'elle. Alaric avait mal.

    " Je ressens ce qu'il ressent, et inversement. J'entend ce qu'il pense, et pour lui c'est pareil. Tu vois, c'est... Un genre de partage. Si je ne me trompe pas, Ky a dû t'expliquer tout ça. "

    Evoquer Ky comme une vieille connaissance faisait un effet étrange sur Elsa. C'était comme un frisson d'excitation, quand on sait une chose que les autres ignorent.

    " Mais si tu le souhaites, je peux t'aider, oui. En échange, je pourrais également avoir besoins de toi ! "

    Elsa songea que la fille pourrait peut être lui servir de guide dans Rennes, si sa querelle avec Alaric s'envenimait.

    CLAC

    La barrière qu'Elsa avait dressée vola en éclat. Son souffle se coupa, et elle se releva d'un coup, se cognant la tête sur le bas plafond.

    " ALARIC ! "

    Elle avait crié, en plaquant les mains sur sa tête. Elle n'avait pas pû se contrôler. Quelque chose d'effrayant venait de se passer. Il avait ... Il avait détruit son blocage. Il l'avait forcée. Il n'avait jamais fait ça avant. Et surtout, il n'avait jamais été assez puissant pour cela. Les mains d'Elsa glissèrent sur sa bouche. Elle constatait avec horreur que pour la première fois, il avait fait quelque chose contre elle. Oubliant totalement Anne, Elsa se plongea dans une colère noire.

    " Est-ce que tu te fous de ma gueule ? "
    " Elsa, excuse moi ! "

    La jeune femme se laissa retomber sur le canapé.

    " Non ! Tu n'as pas le droit ! C'est ma tête ! C'est mon corps ! "
    " Je sais Elsa, pardonne moi ! Je ne veux seulement pas ... Ne me laisse pas tout seul, s'il te plait, j'ai eu tellement peur tout à l'heure ! "
    " Et alors ? Il faut t'y faire ! Quand je me serais débarrassée de toi, je devrais bien apprendre à ne plus t'avoir à toujours fouiner dans ma tête ! "

    Alaric eut un mouvement de recul, choqué. Ça ne ressemblait pas du tout à Elsa. C'était trop...

    " ... Méchant ? Oh, pauvre petit Alaric ! "
    " Mais Elsa ... "
    " Non ! Je ne veux plus t'entendre ! "

    *

    Je ne comprends pas. Je suis... abasourdi. Je n'ai jamais vu Elsa dans cet état. On dirait qu'elle devient folle ! On dirait ... Qu'elle va exploser. Qu'elle me hait ? J'ai envie de pleurer. D'un seul coup, encore plus que tout à l'heure. J'ai l'impression que mon coeur se serre. Elsa ... Tant pis. Je dois lui dire, même si ça me fait peur, lui dire une chose qui la retiendra.

    " Elsa, je t'aime ! "

    Trop tard. Mes mots s'éclatent sur un mur de glace, et je sais qu'elle n'a rien entendu. Elle ne sait pas. Quelque chose en moi est rassuré, je ne veux pas qu'elle sache. Ce serait trop dur, n'est ce pas ? Et en même temps... Je ne veux pas que tu me détestes...

    Elle a dit ... Elle veut se débarrasser de moi ? Pourquoi est-ce qu'elle a dit ça ? Elle me prend pour quoi ? Qu'est ce que je lui ai fait ? Quelle faute est soudainement devenue aussi ... impardonnable ?

    Je suis quoi, pour toi, Elsa ? Un parasite ?
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Mer 29 Juin - 0:34

    Anne ouvrit de grands yeux quand la fille lui dit calmement qu'elle voyait tout brûler autour d'eux.

     Parce qu'elle savait trop bien ce qu'était la vision. La vision, c'était des lumières rouges éblouissantes qui émanait de chaque être humain autour d'elle.

     Et ça n'allait jamais s'arrêter ? Pourtant, la fillette lui avait dit qu'elle pourrait l'éloigner ! Mais bon, Anne aurait dû se douter que faire confiance aux gamines inquiétantes, ce n'était pas une bonne idée. Ce n'était pas comme si elle n'avait jamais vu Shining.

     Elle était trop prise par son inquiétude pour remarquer l'artificialité de la bonne humeur d'Elsa. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle était coincée avec cette vision qui la rendait à moitié aveugle et cet esprit criminel dans la tête. Une « colocation » ! Certes, le Alaric, elle avait l'air de l'adorer pas mal, alors forcément, c'était facile... Mais elle , elle n'allait certainement pas faire une colocation . Elle voyait plutôt ça comme un autre mot -on... prison.

     Cependant, elle fronça les sourcils à la mention de Ky. C'était qui... ? Peut-être la fillette, comprit-elle, vu que c'était elle qui lui avait tout expliqué. Ainsi, la créature avec un nom. Elle se demanda comment Elsa le connaissait. Peut-être que leur discussion s'était mieux passée que la sienne. Mais bon, ça restait étrange. Elle imaginait mal la petite fille papoter aimablement autour d'un thé à propos d'elle-même. « Alors là, je lui ait dit que c'était une Âme Perdue et il s'est mis à pleurer ! » Anne se fit la réflexion qu'elle en avait de drôles, de réflexions. Probablement la panique. Elle se calma quand même un peu quand elle entendit qu'Elsa acceptait de l'aider. Ouf ! Elle ne serait pas toute seule avec ce... truc !

     Mais avant qu'elle n'ait pu acquiescer joyeusement, tout ce bel enthousiasme disparu alors qu'Elsa sursauta soudain , sa tête heurtant le plafond. Anne eût un mouvement de recul, surprise.

     Elsa hurla le nom de son parasite. Elle avait dû se faire mal, mais Anne n'était pas sûre que c'était la raison pour laquelle elle avait l'air aussi... heurtée. Et en colère. Elle demanda immédiatement des explications .

    - Euh... Bredouilla Anne, mais elle se rendit compte que la femme ne la regardait même pas.

     De toutes façon, après avoir entendu le nom d'Alaric, ce n'était pas difficile de deviner qu'elle parlait à quelqu'un d'autre. Il avait dû faire quelque chose pour la mettre en colère. Mais quoi ?

    - Euh... Vous allez bien ? Demanda-t-elle à Elsa, même si celle-ci ne semblait pas l'entendre.

    - Non, répondit une voix.

     Sauf que ce n'était pas celle d'Elsa.

     Anne sursauta.

     Elsa avait recommencé à parler toute seule, mais cette fois, elle ne l'écoutait plus.

     Il y avait quelqu'un d'autre. Là. Tout prêt. Elle l'avait entendu.

    - Qui … Qui êtes vous ? S'exclama Anne, d'une voix beaucoup trop aiguë. Je vous ait entendu, reprit-elle, plus assurée, et un peu en colère. Qu'est-ce que vous faites chez moi ?

    - Je ne comprends pas, dit la voix.

     C'était une voix d'homme, plutôt jeune, assez grave, et tout à fait surprise. Au moins, ce n'était pas la voix du docteur, ni celle du téléphone, et ça la rassura un peu. Elle se leva. Après un rapide coup d'oeil à Elsa, elle jugea qu'elle était trop occupée pour l'aider. Elle saisit un vieux manche à balais qui traînais sur le sol et se leva lentement, prudente. Pour l'instant, elle ne voyez rien.

    - Ce qu'il se passe, c'est que je vous ait entendu. Et maintenant, vous allez sortir de... Ou que vous soyez, et me dire ce que vous faites chez moi !

    - Je... Je ne sais pas... Je ne peux pas bouger... Je ne sais pas pourquoi je suis là et... C'est très bizarre... Je bouge mais... Ce n'est pas comme si je bougeait... Écoutez...

     Mais Anne ne voulait plus écouter. Elle avait un très mauvais pressentiment. Son estomac se tordit comme si elle venait de prendre un coup, et elle s'agrippa au morceau de bois si fort qu'elle sentit une vive douleur dans ses mains.

    - Aïe ! Se plaignit la voix, avec autant de douleur que d'étonnement. Qu'est-ce que...

     Anne ferma les yeux. Pensa : faites que ce soit un cauchemar. Et lentement, elle se retourna.

     Là bas, dans le canapé, il y avait une puissante lumière rouge.

    - Qu'est-ce que c'est que ça... marmonna la voix. Mais... Mais... Qu'est-ce que c'est que tout ça ?

     La jeune fille ne lui répondit pas. Sans un mot, elle s'éloigna, à grandes enjambées, vers le fond du grenier. Il fallait qu'elle en finisse, de toute façon. C'était inévitable.

     Là-bas, il y avait une grande armoire, dont l'une des portes avait disparu, et qui ne servait plus qu'à ranger des piles de vielle vaisselle dont on ne se servait jamais et des vêtements déchirés. Anne se planta devant . Une adolescente aux cheveux bruns-roux, plantée sur ses jambes, les traits tirés par la fatigue et l'inquiète, lui rendit son regard. Si elle avait l'air plus étonnée qu'effrayée, Anne, en revanche, savait qu'il n'en était rien. Au fond d'elle-même, elle avait l'impression qu'elle venait de s'écraser par terre et que le choc lui avait coupé le souffle. C'était ça ; depuis qu' elle avait commencé à voir ces foutues lumières rouges, elle avait commencé à chuter. Et maintenant, c'était finit. Elle était tombée pour de bon. Et elle ne savait pas si elle allait réussir à se relever.

     L'autre voix, elle aussi, s'était tue. Mais elle finit par briser le silence :

    - Merde...

     Puis :

    Injures :

    - Merde ! Qu'est-ce que c'est que cette putain de...? Pourquoi je suis … ? Pourquoi je suis... cette fille ? C'est quoi ce bordel ?


    - Vous n'êtes pas cette fille ! Répondit Anne.

     Elle n'avait pas pu s'empêcher de crier. Peur. Et puis... Colère. C'était injuste.

    - Parce que cette fille... C'est moi! Et vous, vous êtes dans mon corps.

     Trop injuste. Elle serra les poing sans s'en rendre compte. Elle voyait rouge, après tout, et c'était à cause de lui. Aha ! Rageusement, elle conclut :

    - Et vous allez pas rester. Parce que, croyez-moi, je vais vous faire partir.


    Dernière édition par Anne Demont le Sam 23 Juil - 1:23, édité 1 fois
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Ven 22 Juil - 23:17

    Sa colère retomba d'un seul coup. Une vague nausée s'empara d'elle alors qu'elle sentait sa force se liquéfier. Elle s'affaissa en arrière sur les larges coussins du canapé. La fille, Anne, avait comme qui dirait disparu de son champ de vision. C'est à ce moment là qu'elle entendit la voix. Anne parlait toute seule. Elsa ne tourna même pas la tête. Elle savait. La jeune fille découvrait son parasite.

    C'était vraiment étrange, à bien y penser, cette sensation de flottement. Et ... ce silence ! Pourquoi Ric ne disait rien ? Elle avait l'impression de manquer quelque chose. Un check-up rapide de son esprit la cogna contre un mur de glace. Qui avait ça ? Est-ce qu'Alaric était fâché ? A bien y regarder ...

    CLAC

    Le mur s'effondra. Sa gorge se noua immédiatement, et des larmes lui brouillèrent le regard. Son esprit en second était horriblement malheureux. Elsa ouvrit grand la bouche pour respirer. Ce mur, c'était elle, de toute évidence, qui l'avait dressé. Mais ce qui était inquiétant ... C'est qu'elle ne s'en souvenait pas. Elle avait seulement accepté l'aide de la fille et ...

    " Elsa ? Ne crie pas, s'il te plait ! "

    Crier ? Mais elle ne voulait pas ... Bon sang. Elsa baissa les yeux sur ses mains. Elle tremblait.

    " Ric ... Ric, c'est pas moi, je te jure ... "

    Une rage sourde lui tambourinait les tempes. Elle tourna la tête.
    C'est elle ! C'est sa colère, à elle !

    Elle avait ... Quoi ? Anticipé la dispute ? Non. Non, je crois ...

    " Tu dois être sensible aux âmes. "
    " Tu penses que je ressens les parasites des autres ? "

    Elle ne savait même pas si c'était possible. Mais elle savait que quand il s'agissait de ses pouvoirs, elle pouvait faire confiance à son intuition. C'était son âme qui lui parlait, en quelque sorte. Et Elsa était totalement ouverte aux messages qu'elle recevait.

    " Je ne sais pas, Ric, mais je sais que je ne suis pas en colère. Anne, en revanche ... "

    Des menaces volèrent jusqu'aux oreilles de la blonde. Bon. Cette fille et son parasite seraient surement moins complices que Ric et elle. Un vague soulagement l'entoura, lui tirant un sourire.

    " Quoi ? "
    " Je suis heureux que tu ne penses pas vraiment toutes les horreurs que tu ... "

    Devant la mine décomposée d'Elsa, son parasite préféra se taire. Il bloqua son esprit sur les souvenirs de la dispute, pour qu'elle ne puisse pas voir ça.

    " Non, laisse. "
    " C'est rien. Tu devrais plutôt l'aider. "

    Vrai. Elle soupira, et se releva doucement. Un peu courbée pour ne pas se cogner au bas plafond. Tranquillement, le sourire aux lèvres, elle s'approcha de la jeune fille qui campait devant un grand miroir. Elle prit l'air qu'elle voulait le plus rassurant, et posa une main sur son épaule.

    " Bienvenue dans ton nouveau monde. "
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Mar 26 Juil - 23:48

    Exclamation langage familier, voire injurieux

     Anne sursauta quand la femme la toucha. Elle avait presque oublié sa présence. Mais bon, c'était normal d'avoir du mal à se concentrer, maintenant qu'ils étaient trois... Non, quatre . corrigea-t-elle. Quatre! Avec seulement deux corps pour tout le monde. C'était impossible, jugea-t-elle. Pas seulement parce que la situation était bizarre, mais parce que vivre avec un étranger dans sa propre tête était complètement impossible. Surtout depuis qu'il avait commencé à crier.

    - C'est pas possible ! Non mais... C'est n'importe quoi! Eh! Expliquez moi ce qui se passe! Comment ça se fait?

     Anne voulut se boucher les oreilles, mais elle comprit que ça ne ferait qu'empirer le problème. Le type était dans sa tête, elle ne pouvait pas y  échapper.

    - S'il vous plaît, arrêtez de crier ! S'exclama-t-elle, à bout de nerfs. Sinon je ne vous dirais rien! Euh, désolée, bafouilla-t-elle en direction d'Elsa. C'était pas pour vous...

     A bien y réfléchir, c'était comme être au téléphone. Sauf que le téléphone avait été vissé à ses oreilles et qu'il ne pouvait pas s'éteindre. Enfin, pas tout de suite. Non parce que s'il continuait de crier, le parasite, elle allait se jeter in petto dans la quête pour s'en débarrasser, et tant pis si c'était risqué. Et il allait bien finir par disparaître!

    - Je n'aurais peut-être pas du crier, convint ledit parasite un peu moins fort. Ça me fatigue. Mais je n'ai jamais fait de rêve aussi réaliste. T'as déjà fait un rêve ou tu étais fatiguée, toi?

    - Un rêve? Non, ce n'est pas un rêve! Vous êtes là parce que vous êtes morts! Assena Anne.

     Peut-être qu'elle aurait du dire ça d'une autre manière. Elle se demanda fugitivement ce que ça faisait d'apprendre qu'on était mort quand on était pas au courant, surtout dans ces conditions. Mais elle aussi était paniquée, et de toute façon, l'inconnu ne la croyait pas. Pour preuve, il continua:

    - C'est marrant, j'ai l'impression que quelque chose à changé... Drôle de rêve.

     Oh, merde!

    - Il ne me croit pas, dit-elle à Elsa, désespérée. Il pense que c'est un rêve. Je fais quoi? Comment tu as fait, avec Alaric?

     A présent, c'était elle qui tenait le bras de la jeune femme, auquel elle s'accrochait comme à une bouée de sauvetage. La lumière rouge lui faisait mal aux yeux mais elle ne tournait pas la tête, son visage suppliant demandant de l'aide. Dans sa tête, le voix s'étonna :

    - C'est qui, cet Alaric?

    - Il est comme toi, il est dans sa tête ! Déclara Anne sans s’appesantir sur la bizarrerie de ses propos. Alors, je fais quoi? Reprit-elle de sa voix suppliante en regardant Elsa.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Mer 27 Juil - 15:18

    Exclamation Attention, propos vulgaires

    Trois ans plus tôt ...

    " Je ne te ment pas, tu sais. Je n'ai aucune raison de le faire. Tout est vrai. N'aie pas peur. Je suis Elsa. Tu es mon parasite. Tout ira bien, ne t'en fais pas. "

    Elsa l'avait rassuré, puis ensemble, ils s'étaient vus, deux reflets en un, comme se dessinerait la promesse d'une amitié passionnelle. Alaric était resté muet un moment, boulversé.

    " Bon sang. " il avait dit tout bas, " C'est vraiment ... Vrai, alors. Tu ... Tu es Elsa, c'est ce que tu as dit ? Elsa ... Mon dieu, je suis tellement désolé. "

    La jeune femme haussa un sourcil.

    " Pourquoi ? "

    C'était vraiment difficile de se concentrer. Par moment, elle ne l'entendait pas bien, comme s'il s'éloignait. Bien sur, elle savait que ce n'était pas possible puisqu'il était dedans.

    " Ben ... Cette hist... Euh, je veux dire, ce qu'il nous arrive. Enfin, ce truc que tu m'as d... montré. " même Alaric s'y perdait, ne sachant pas quels mots employer. " Enfin... Tu as l'air de dire ... Non, enfin, c'est ce que l'autre a dit, la petite fille. Attend. Ky, c'est ça. Tout ça ... C'est de ma faute. Si je n'avais pas ... Oh bon sang, je suis vraiment trop con ! "

    Il avait vraiment l'air mal. Elsa sentit une douce chaleur dans sa poitrine. Elle voulait le rassurer. Quelque chose lui disait qu'elle avait énormément de chance d'être tombée sur un type si gentil. Parce qu'il avait vraiment l'air gentil.

    " Attention, Elsa, c'est peut-être justement un piège ! "
    " Quoi ? "

    Alaric releva les yeux, troublé. Un rouge pivoine recouvra le visage de la blonde. Honteuse, elle laissa ses cheveux tomber devant ses yeux, histoire de voiler son regard. Hé oui, il entendait tout.

    " P-Pardon, je ... "
    " Non, je comprend. " et il étira un sourire.

    C'était bizarre d'un seul coup. Son reflet s'effaçait doucement dans la glace, et sa voix s'échappait. Elsa paniqua. Que se passait-il ? Est-ce que le rassurer avait suffit pour le soigner ? Non ! C'était trop injuste ! Elle ne savait encore rien de lui ! Elle voulait ...

    " Ne t'en fais pas, Elsa. Je sais que ce n'est pas mon corps, ni ma vie. J'ai compris ton histoire. Je me souviens ... Je me souviens du feu. Je ne sais pas si je suis mort, mais ... Enfin... Si, en fait. Je suis mort ... "

    Il sembla perturbé. Il ajouta quelque chose mais la voix était trop lointaine. Elsa plissa les yeux, comme si ça pouvait l'aider à mieux entendre.

    " Je ne resterais pas dans ta tête. "

    La blonde déglutît. Elle aurait dû être rassurée. Il était étonnamment compréhensif, gentil, et conciliant. Il la croyait du premier coup, mais ça c'était peut être parce qu'elle même y croyait dur comme fer; et puis il ne cherchait pas à l'envahir ... Soit c'était le plus gros coup de chance de sa vie, et il fallait penser à jouer au loto, soit ... Il essaye de me piéger.

    " C'est vraiment ce que tu penses ? "

    Il avait l'air blessé. Mais Elsa ne l'aurait pas juré. Ça ressemblait à autre chose aussi... Du dégoût ? Il y eut un vague silence.

    " C'est pas contre toi. "

    Ils échangèrent un regard. Le reflet d'Alaric était revenu dans la glace. Et sans que ni l'un ni l'autre ne puisse le retenir, un sourire sincère éclaira leurs visages. Ça allait marcher. Tous les deux, ils y arriveraient.


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    Qu'est-ce qu'elle aurait bien pû lui dire ? Alaric et elle avaient toujours été en symbiose parfaite. Ou presque ... Et elle n'avait jamais voulu se débarrasser de lui, comme Anne avait l'air de le vouloir pour son parasite. C'était tellement compliqué ... Elle tenta un sourire rassurant.

    " Ecoute, il ne faut pas lui en vouloir. Lui non plus n'a pas décidé d'arriver dans ta tête. Il faut que vous essayiez de vous comprendre. "

    Elsa posa une main tendre sur celle qui agrippait son bras.

    " Tu dois lui expliquer ce qui lui arrive. Ce qui vous arrive. " ses yeux accrochèrent le regard de la jeune fille : " Tu penses pouvoir faire ça calmement ? "

    La fille avait l'air de se creuser la tête sérieusement. Il fallait l'aider.

    " Je peux essayer de lui parler. Mais tu sais ... Je ne l'entendrais pas. "

    Elsa ferma les yeux.

    " Tu dois comprendre que tu es dans la tête d'Anne. "

    Elle ne s'adressait plus à la fille. Ça s'entendait jusque dans le ton de sa voix.

    " Il ne faut pas avoir peur, elle peut t'aider. Et moi aussi. On va t'aider a retrouver la paix. Tu pourras te reposer. "
    " Disparaître, oui. "

    Elsa tenta de ne pas sourciller.

    " Ric ! J'essaye de me concentrer ! "
    " Mais enfin ! " il souffla, semblant agacé : " Tu vois bien que ces deux là ne vont pas s'entendre. Elsa, tu y as pensé, si ce type dans sa tête était un vrai criminel? "

    La blonde ouvrit de grand yeux et recula d'un pas, sans vraiment y faire attention. Non. Elle n'y avait pas pensé. Pas une seule seconde. Sa gorge se noua. Oui, cette fille aurait peut être moins de chance qu'elle. Peut-être ... Peut-être qu'il fallait la débarrasser de ce parasite, et en vitesse ! Un doute l'envahit. Est-ce qu'elle devait lui dire ça ?
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Jeu 28 Juil - 0:26

    Elsa commença par lui conseiller de se calmer, en lui rappelant que son parasite n'en faisait pas exprès, et qu'ils allaient devoir se comprendre. Sauf qu'entendre ça ôta toute notion de calme à Anne. Parce que ça lui rappelait qu'elle était coincée avec ce truc, maintenant.

     L'horreur !

     Heureusement, voyant son air désespéré, Elsa se proposa pour expliquer les choses à sa place. Vu qu'Anne se sentait l'éloquence d'une chaussette sale, c'était tant mieux. La jeune femme commença à exposer les choses, posément, en regardant Anne droit dans les yeux.

    - Tu dois comprendre que tu es dans la tête d'Anne...

    - Alors c'est ton nom, Anne ?

    - Chut , souffla-t-elle avec ressentiment.

     C'était étrange. Elle s'attendait à rencontrer un criminel endurci. On aurait plutôt dit un gamin dissipé.

    - C'est ça, hein ? Continuait l'autre sans tenir compte de son interruption. Moi, c'est Arthur. Si on doit vraiment apprendre à nous comprendre, il faut qu'on se connaisse, non?

     Il avait l'air amusé , et même un peu moqueur, comme si tout ça n'était qu'un grand jeu et qu'elle le prenait juste trop au sérieux. Facile: ce n'était pas lui qui avait un CP coincé dans la tête! Visiblement, il se fichait comme d'une guigne de trouver la paix. Elsa essayait de le rassurer, mais de l'avis d'Anne, il aurait plutôt eu besoin d'un coup sur la tête. Mais vu qu'il n'avait pas de tête, elle n'allait pas essayer ... Minute! Cet Arthur sentait son corps! Sans réfléchir, elle se pinça violemment l'avant-bras. L'esprit et elle laissèrent échapper un cri de douleur en même temps.

    - Ca fait mal! Protesta-t-il. Mais pourquoi?

    - Vous voyez, que ce n'est pas un rêve! Répondit Anne, triomphante.

     C'est alors qu'elle se rendit compte qu'elle avait de nouveau zappé Elsa - et cette fois, la femme essayait de l'aider en plus! Confuse, elle releva la tête:

    - Euh, je suis désolée. Il ne vous prend pas au sérieux...

     Mais le regard vide d'Elsa fut sa seule réponse. Elle semblait en pleine conversation intérieure. Intérieure? Elle devait encore parler avec son parasite. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien se raconter? Oh, attendez. Et si Anne pouvait parler en pensée à son parasite, elle aussi?

     "Eh, parasite" pensa-t-elle.

    - Que fait cette fille? Demanda Arthur, et elle comprit qu'il ne l'avait pas entendue.

     Ça viendrait sans doute avec le temps. Oh non... Si le parasite entendait ses pensées, il allait falloir qu'elle fasse attention. Déjà, parce que c'était super-embarrassant. Ensuite, parce que si jamais il ne voulait pas qu'elle l'aide à se "reposer", il allait sans doute essayer de l'empêcher tout ce qu'elle allait faire en ce sens. Vu qu'il n'avait pas encore mentionné la lumière rouge qui entourait Elsa, elle en avait déduit qu'il ne la voyait pas. Elle avait une chance qu'il ne remarque pas qu'elle était en train de se purifier, comme disait la fillette - enfin, Ky . Sauf si ça aussi, ça viendrait plus tard... Il allait falloir qu'elle demande à Elsa, quand il se serait rendormi. Tellement de questions lui venaient à l'esprit, tout à coup!

     Cependant, ladite Elsa qui regardait dans le vide, baissait lentement les yeux vers elle, les sourcils froncés. Anne ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait, elle décida donc de répéter ce que l'autre n'avait pas du entendre:

    - Euh... Je vous disais que "Arthur", enfin, mon parasite... Il ne vous avait pas vraiment écouté, il croit toujours que c'est un rêve... C'est pas grave, il est calmé, de toute façon, conclut-elle en haussant les épaules. Merci pour votre aide, en tout cas, ajouta-t-elle, reconnaissante.

     En parlant, elle massa son bras dans sa main pour endiguer la douleur. Elle aurait vraiment du réfléchir avant de se pincer aussi fort...

    - Tu ferais mieux de mettre de la glace là-dessus, commenta Arthur. Ça fait vraiment mal...

     Sa voix s'était faite moins amusée. Plus songeuse. Mais Anne n'y prêta pas attention. Elle poursuivit.

    - Et sinon, de quoi vous parliez, avec Alaric?

     Elle réalisa que c'était peut-être personnel, mais après tout, ils étaient là tous les quatre, non? Et puis, elle se sentait vraiment concernée, alors qu'Elsa continuait de la scruter de ce même regard insondable...
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Sam 13 Aoû - 14:43

    Fuir, et abandonner cette fille à son sort, c'était hors de question. Elsa se devait de lui venir en aide. Mais maintenant qu'Alaric avait émis l'hypothèse que le type dans la tête d'Anne puisse être vraiment méchant, elle était plutôt terrifiée. Elle frotta ses mains l'une contre l'autre, écoutant la jeune fille lui dire que "Arthur" - alors c'était son nom ! - ne l'avait pas écoutée, et elle tremblait intérieurement de ne rien pouvoir faire. Ky ne lui avait parlé de ce qu'il fallait faire pour les autres comme elle. Pour les Âmes. Ça avait seulement parlé des "cibles", ces gens qu'il fallait aider. Mais le problème d'Anne ne faisait-il pas d'elle une cible ? Il fallait se donner du courage. Elsa inspira profondément pour se calmer, et regagna doucement sa place sur le canapé.

    Anne voulait savoir ce qu'elle et Alaric se disaient. C'était légitime, surtout à la tête qu'elle venait de tirer. Mais c'était compliqué. Elle pouvait en parler à la fille, et même maintenant, elle sentait qu'elle en avait le devoir. Mais elle ne voulait pas qu'Arthur, puisqu'Arthur il y avait, puisse entendre ses craintes. Elle pesa le pour et le contre. Si elle se souvenait bien, Alaric et elle avaient partagé leurs pensées dès le début, alors que Ky lui avait dit que ça n'arriverait pas, au début. Qu'elle aurait le temps d'apprendre à gérer ça. Peut-être que cette fille, Anne, était normale, elle. Peut être qu'il n'entendait pas encore ce qu'elle pensait... Mais bon, ce n'était pas comme si elle avait un don de télépathie. Cependant, elle se souvenait aussi qu'Alaric ne pouvait au départ rien faire d'autre qu'observer. Les premiers mois, il n'avait aucune atteinte sur le corps d'Elsa. Alors peut-être que si elles se débrouillaient bien, elles pourraient aider Arthur à se rendormir assez vite pour qu'il n'aie pas le temps de prendre possession du corps d'Anne. Oui, mais si ça ne marchait pas ? Ou si, comme elle, Anne avait une particularité, et si Arthur pouvait intervenir plus vite qu'Alaric ? Tout ça devenait très confus, et un mal de crâne à trop y penser était assuré. La bonde soupira en se laissant tomber sur les gros coussins du canapé. Sa main se leva machinalement pour se poser sur son front, lui donnant un air un peu trop sérieux.

    " Alaric ... " commença Elsa, " ... Il pense que je ne devrais pas t'aider. "
    " Quoi ?! "

    Elsa sentit son parasite faire un bon dans sa tête.

    " Mais qu'est-ce que tu racontes ! J'ai jamais dit ça ! "
    Chut !

    Elle observa Anne qui semblait se décomposer, et secoua vivement la tête, affichant sur commande un sourire qu'elle voulait apaisant.

    " Ne t'en fais pas. Il s'inquiète seulement. Il pense... "

    Avec un air théâtral, peut être même un peu trop, Elsa leva les yeux vers le velux et poussa un nouveau soupire.

    " Oh, il ne veut pas faire de peine à Arthur, il serait peut-être préférable qu'il n'entende pas. Quand... Quand tu penses, il entend ? Est-ce qu'il voit tout ce que tu vois ? "

    Sous des airs innocents, elle espérait bien tirer un maximum d'informations, afin de pouvoir trouver le moyen de la mettre en garde, sans alerter le parasite.
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Sam 10 Sep - 0:12

    Anne n'était pas du genre à s'attendre à des tonnes de cadeaux chaque fois qu'elle aidait quelqu'un, mais elle n'apprécia pas du tout qu'Alaric ne veuille pas l'aider." J'ai pris le risque de lui faire confiance à lui, un parasite potentiellement dangereux, et c'est comme ça qu'il me remercie? " était un bon résumé de l'état de ses pensées quand elle entendit la chose. La suite, ce fût: " Oh, mon dieu, je suis dans la merde! " Sans l'aide d'Elsa, elle n'arriverait jamais à gérer Arthur. Le parasite avait l'air de bien s'amuser et il ne semblait pas prêt à prendre les choses au sérieux. Sans compter qu'elle ne savait toujours pas ce qu'il faisait là. Heureusement, la jeune femme ne semblait pas de l'avis de son compagnon d'âme. Elle lui expliqua qu'Alaric s'inquiétait, en fait. S'inquiétait? Mais de quoi?

    D'Arthur, lui expliqua la jeune femme à mot couverts. Enfin, à peine.

    - Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda son parasite d'une voix égale. Et... Je suis censé entendre tes pensées?

    Il avait comprit la même chose qu'elle! Ca lui faisait un avantage en moins. Anne se mordit la lèvre, s'efforçant de ne pas céder à son instinct: fuir en courant. Et puis au moins, elle avait sa réponse. Elle décida d'ignorer sa voix qui continuait de la questionner et se dépêcha de dire pour Elsa:

    - Non.... Il n'entend pas mes pensées. Il voit juste par mes yeux?

    - Qu'est-ce que ça veut dire? Répéta Arthur en même temps. Pourquoi il ne me fait pas confiance?

    Sa voix semblait un peu altérée, tout d'un coup. Visiblement, le rêve n'était plus au beau fixe. Anne hésita. Est-ce qu'elle devait lui dire que c'était parce qu'il avait commis un crime qu'il était là? De toute façon, il allait bien devoir finir par lui dire, n'est ce pas?

    - Euh... Arthur me demandait pourquoi, dit-elle à Elsa, alors je lui répond. Alaric ne vous fais pas confiance, Arthur, parce qu'on ne vous connais pas. C'est juste que...Vous êtes dans ma tête alors forcément...C'est inquiétant.

    Elle avait décidé de ne pas dire la vérité, finalement. Pas juste histoire de garder un atout dans sa manche, mais parce que... elle avait peur. Elle ne voulait pas apparaître comme une menace aux yeux de l'inconnu. Elle avait envie de faire semblant de ne rien savoir. Elle s'en voulu immédiatement, cependant. C'était stupide. Il finirait par le savoir un jour ou l'autre, à moins qu'elle apprenne de stupides techniques de méditations... Et si ce n'était pas le cas, il saurait qu'elle lui avait mentit, et il ne serait sûrement pas content. Or, rendre mécontent un type qui pouvait hurler dans sa tête quand ça lui chantait, ce n'était clairement pas une bonne idée. Sans compter que ledit type pouvait bien être un espèce de psychopathe.

    Mais en relevant la tête vers Elsa, elle comprit immédiatement qu'elle avait eu tord de s'inquiéter. La lumière rouge avait disparu. La présence n'était plus là.

    - Il est partit! Dit-elle avec jubilation. S'il vous plaît, pendant qu'il n'est pas là... Qu'est-ce que je peux faire? Contre lui, si jamais... Il est dangereux ? Ajouta-t-elle, beaucoup moins joyeusement.

    HRP:
    Est-ce que t'as attendu presque un mois pour ça? ... <_< J'ai HONTE ok. Pardon ;m;
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Elsa Lefèvre le Jeu 15 Sep - 15:12

    HRP:
    Mad J'AI ATTENDU POUR ÇA ?! ... Very Happy Mais c'est très bien ! I love you

    Elsa n'hésita pas une seconde. Puisque Anne lui disait qu'il était parti ... Elle attrapa son bras avec la force du désespoir - c'était peut être un peu exagéré - tentant de ne pas lui communiquer trop d'inquiétude.

    " Anne, c'est très important, il faut que tu fasses attention ! Ton parasite n'est peut être pas comme Ric, il est peut être ... Dangereux. Tu dois essayer de savoir ce qu'il a fait. Pourquoi il est dans ta tête. Si ça se trouve ce n'est pas grave mais ... "

    Elle n'en ajouta pas plus. La jeune fille semblait avoir compris, et même être assez inquiète. Elsa se mordit la langue d'avoir trop parlé. Elle inspira, et tenta une approche plus rassurante.

    " Je vais t'aider bien entendu ! On va t'aider. "

    Et elle étira un sourire.

    HRP:
    Very Happy Moi en revanche j'ai fait un truc trop pourri ! Je suis très fière de ma pourritude ! Dis moi, vu où on en est, est-ce qu'on termine ici, ou on pousse pour voir l'aide d'Elsa ?
    ... Pourquoi ce regard mauvais ? ... AAAAH NON PAS LA HACHOUNETTE *fuis*
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    Re: La fête des Lumières

    Message par Anne Demont le Jeu 15 Sep - 23:58

    A peine avait elle finit de parler qu'Elsa réagit. Sa main agrippa son bras et son beau visage de princesse sereine se crispa d'une inquiétude inattendue. Inattendue au point qu'Anne sentit son cœur se crisper dans sa poitrine. Si elle comptait toutes les frayeurs de la journée, elle avait de la chance de n'avoir pas fait encore une crise cardiaque.

    Et le pire était à venir, puisque la jeune femme lui expliqua qu'Arthur pouvait être dangereux. Ca, ça n'enchantait pas Anne. Bien sûr, elle pensait qu'il était dangereux depuis le début: mais l'entendre dire de quelqu'un d'autre, c'était effrayant.

    Mais elle n'eu pas le temps de s'apitoyer qu'Elsa lui offrit son aide, de nouveau. En voyant un sourire rassurant étirer ses lèvres, Anne sentit avec certitude qu'elle ne la laisserait pas tomber. Et ça, pour une inconnue qui à cause d'elle s'était déjà évanouie dans la rue, il fallait avouer que ça lui donnait plutôt confiance. Cette femme ne l'abandonnerait pas à son triste sort, et c'était tant mieux.

    Alors, quoique avec crispation, elle sourit à son tour.

    HRP:


    C'était pas pourri sale pouf !!! èmé *saisis Hachounette*

    Et effectivement puisque Anne a juste besoin d'infos, je propose qu'on coupe leur discussion vu qu'on sait déjà tout, et après toi ou moi on rouvre un autre post sur Anne qui est partie pour aider Alaric et Elsa et là elle se rend compte de son pouvoir ( je rajouterais " Elsa lui avait raconté ça et ceci et cela ", tu vois le genre ) . ( Au fait, qu'Anne se rende compte de son pouvoir et qu'elle t'aide avec Alaric, c'était le but à la base... Je viens seulement de m'en souvenir . xD )

    T'en penses quoi? ^^ Cette fois, ne reste pas dans ta cave des jours et des jours avant de me répondre !!! ( si tu ramènes Hachou, je ramène la cave... Enfin, plutôt, je te ramène dans la cave. xD )

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    Re: La fête des Lumières

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