Âmes Perdues

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    [Chapitre 1] L'Éveil

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    Ky
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    [Chapitre 1] L'Éveil

    Message par Ky le Sam 2 Mai - 15:44

    Il y en avait de plus en plus. Il fallait bien l'admettre.  

     Ky s'assit à son bureau en soupirant, rouvrant les yeux, laissant s'effacer dans les ombres le résultat que venait de lui transmettre les probabilités. La nouvelle n'en était pas vraiment une. Dès qu'Hitler était arrivé au pouvoir, il avait vu la guerre s'avancer. Et il avait très vite compris ce que cela signifierait, comme à chaque fois. Il y aurait des âmes blessées. Beaucoup. Et donc, beaucoup d'Âmes Perdues.

     Cependant, cette guerre n'avait pas été guerre comme les autres. Ç'avait été un génocide. Il y avait toujours beaucoup d'âmes blessées par les guerres, mais beaucoup moins que dans ces cas là. Il était assez étonnant de voir comme elles étaient en grande majorité finalement peu sensibles à un meurtre, ou même plusieurs, même si cela expliquait le faible nombre d'Âmes Perdues. Mais la cruauté parvenait beaucoup plus facilement à les toucher. Et cette cruauté sans nom qu'avait été la Shoah en avait brisé un nombre phénoménal.

     Il n'y avait pas eu que les soldats, mais aussi les dénonciateurs, les collaborateurs, parfois même des innocents qui avaient craché quelques mots définitifs sous la torture. Les âmes n'avaient pas fait le tri. Elles les avaient avaient emportés tous après leur mort, ou plutôt, ils s'étaient accrochés, comme des microbe pullulent dans une blessure ouverte.

     Et maintenant, ils étaient là.

     Ce n'était pas tout. Les autres crimes s'étaient multipliés après ça, et le nombre d'âmes parasitées avait d'autant augmenté. C'était comme si cette déferlante d'horreur avait à jamais brûlés les sens de l'humanité, qui ne retrouvait de sensations qu'en recherchant cette même douleur. Les violences avaient changé, en nombre, mais aussi en cruauté. Ky avait vu et sentit des choses qui l'auraient probablement poussées à se tuer si il n'avait pas été lui. Le fait de ne pas être humain l'aidait beaucoup à accomplir sa mission. Il était en permanence distant de leurs problèmes, de leurs vies, et même de leurs morts.

     Cependant, ça n'empêchait pas que cette violence d'être pour lui une difficulté. Surtout quand elle le gênait autant. Qui disait plus d'âmes blessées disait plus d'Âmes Perdues. Et qui disait plus d'Âmes Perdues disait plus de travail pour lui. Non pas qu'il ait autre chose à faire. Les distractions humaines l'ennuyaient profondément. Mais il n'avait pas non plus la force de tout faire. Et c'était bien là le problème.

     Au moins, il y avait les Pierres de Pensée pour l'aider. Elles flottaient, là haut, quelque part, à des milliers de mètres d'altitude, et elles recueillaient toutes les données dont il avait besoin de leurs yeux glacés, et avec lesquelles il nouait un nombre infini de probabilités. Elles repéraient également tranquillement les Âmes Perdues, et leur reconstituaient tout aussi tranquillement de faux souvenirs , en prévision de leur libération. Il n'avait jamais eu à se plaindre de leur ouvrage. Elles étaient très intelligentes, douées, parfaites pour l'emploi qu'il leur confiait. Mais elles n'étaient pas suffisantes. Il fallait aussi un Messager.
     
     Ky était seul sur Terre. Il n'y avait pas d'autres Messagers comme lui. Il n'y en avait qu'un seul par monde. Une seule créature capable de ressentir les âmes, d'entendre leurs souffrances, et d'obéir à leurs ordres. Cette solitude ne l'avait jamais dérangé. Mais, malheureusement, avec la multiplication d'Âmes ces derniers temps, il aurait eu bien besoin d'un collègue. Il n'avait déjà pas le temps de tout dire à chaque Âme Perdue quand ils les rencontraient, et devait les laisser dans l'ignorance sur de nombreux points, ce qui le blessait dans son professionnalisme. Or, il n'avait pas le choix. S'il pouvait changer de forme à volonté, il était incapable de se dédoubler. Il avait certes la capacité de transmuter son corps à n'importe quel endroit de ce monde par sa seule pensée. Mais, les voyages dans le temps, eux, n'étaient pas chose facile. Il devait accomplir des déplacements plus rapides que la lumière autour de la Terre pour revenir en arrière, et c'était tout ce qu'il pouvait faire, d'ailleurs. Tous ces voyages étaient cependant difficiles à calculer, et il pouvait lui arriver d'être sur place en retard. C'était déjà arrivé plusieurs fois, et il n'avait pas le luxe de recommencer, alors que les variables étaient si complexes et si changeantes. Cela l'inquiétait.

     Et puis, son corps était fatigué de ses voyages. Il sentait son organisme se détériorer à chacun d'entre eux. Il lui fallait de plus en plus de temps pour se reconstruire à chaque fois. Encore de précieuses minutes de perdues. D'autres minutes qu'il perdait à calculer les probabilités de plus en plus nombreuses, et qui parfois lui échappaient si bien qu'il se trouvait confronté à une existence à surveiller trop tard, et qu'il lui faille encore voyager. Et ses derniers calculs lui montraient un nombre incroyable de personnes à surveiller, de rouages à étudier, de façons d'aborder à trouver. Il fallait se rendre à l'évidence. Il avait besoin d'aide.

     Mais ils n'enverraient personne. Il n'y avait qu'un seul Messager par monde, c'était la règle. Car si il y en avait eu plusieurs, leur puissance aurait mit fin à ce monde. Leur simple présence aurait provoqué un conflit d'énergies, qui aurait tout brisé. Seule leur planète pouvait supporter ceci, et encore. C'est pourquoi ils étaient envoyés, dès leur naissance, avant que leur pouvoir ne s'éveille, dans le monde dont ils devaient s'occuper par ceux des leurs qui étaient nés sans pouvoir. De là, ils n'avaient plus qu'à accomplir leur mission, condamnés à une solitude éternelle. De toute façon, ils ne naissaient que pour cela, puisqu'ils apparaissaient en même temps qu'un monde se dotait de nouvelles âmes. Ils n'existaient que pour elles.

     Que faire? Ky se redressa sur son bureau, et contempla le décors autour de lui. C'était une vaste maison abandonnée, oubliée dans une forêt toute proche de Tchernobyl. Personne ne venait jamais par ici, et il se l'était appropriée tout naturellement. Quand il devait prendre une décision, il y venait. Il aimait bien cet endroit. Les fenêtres aux vitres cassées laissaient passer du lierre qui avait peu à peu envahit les murs intérieurs, des branches d'arbres traversaient les salles vides, et là où la terre s'était accumulé, de l'herbe et des fleurs avaient poussées. Les murs s'était affaissés à certains endroits, et c'était sur toutes les plantes, les grands arbres, et les hautes herbes que le lieu s'ouvrait. Les racines s'agrippaient aux briques, aux meubles effondrés. Tout ça ne faisait plus vraiment partie d'une maison: désormais, c'était un morceau de forêt.

     La forêt avalait toujours tout. Elle avalait même le temps, celui qu'il prenait pour rester là au lieu de révéler à quelque autre personne dont les probabilités lui criaient qu'il fallait l'approcher que son destin était de soigner une âme blessée par quelqu'un qui était dans leur tête. Il secoua la sienne. Il fallait agir. Il était temps.

     Lentement, il posa la paume d'une de ses mains sur l'autre. Une légère lumière s'en échappa, et il sentit les arrêtes coupantes d'un objet se former contre sa peau. Il ouvrit les mains, où se trouvait maintenant une gemme transparente ou pulsait une lumière régulière. Il la contempla un instant, silencieusement. Il avait déjà eu l'occasion de le faire. Combien de fois l'avait-il sortie dans les moments désespérés? Combien s'était il dit qu'il le fallait, que c'était le moment? Combien de fois s'était il finalement découragés, et l'avait remise dans ses paumes l'enfermant à nouveaux? Assez pour que l'image de la pierre se soit imprimée dans son esprit au point qu'elle surgisse encore et encore quand il fermait les yeux en quête de solution.

    - Qu'en penses tu? Lui murmura-t-il. Il est temps, n'est ce pas? Mais pourrais-je vraiment trouver quelqu'un qui te corresponde?

     La lueur ne varia pas. Son battement demeura régulier. Il soupira.

    - Pourquoi faut il que tu sois silencieuse? Tu veux que je prenne la décision moi-même, c'est ça? Ou alors, tu n'as pas la réponse?

     Il ferma les yeux et se renversa en arrière, sans lâcher l'objet.

    - Si je te donne à la mauvaise personne, la situation sera incontrôlable...Et je n'ai jamais eu confiance en tous ces humains. Ils sont retors, menteurs, et leur cruauté atteint des sommets. Avec ton pouvoir, ils détruiraient tout. Et si ils parviennent à détruire trop de gens, les âmes commenceront à disparaître...L'équilibre s'effondreraient, elles se battraient pour les corps...En plus du chaos qui régnerait, bien sûr...Ce serait...Comment ils disent déjà?

     Il hésita une seconde.

    - Voilà...L'Enfer .

     La lumière dans sa main s'affola alors. Ky la contempla. Résolu.

    - C'est donc ce que tu penses...Eh bien, c'est vrai...Tu as raison. La situation est déjà dangereuse...Et je n'ai déjà plus le choix.

     Il soupira.

    - Très bien. C'est décidé.

     Il se releva.

    - Il faut que je trouve celles qui remplissent les conditions. Des âmes qui forment des Âmes Perdues. Des âmes qui, pour réparer leur blessures, ont le profond désir d'aider. Qui, pour ce faire, offre à l'esprit naturel du corps qu'elles habitent une sensibilité exceptionnelle qui leur permet de repérer les personnes qui ont besoin d'aide. Des âmes qui fournissent alors à des esprits et les moyens de leur fournir cette aide. Des âmes, enfin, qui ont le potentiel pour donner à l'esprit naturel le pouvoir d'entendre les autres âmes, et de repérer leur souffrance quand elles sont blessées par un esprit parasite. Des âmes dont les esprits naturels sont capables de jouer mon rôle. Enfin...Presque

     Il s'avança pensivement jusqu'au grand miroir écaillé au fond de la pièce qui lui renvoya l'image qu'il avait choisit aujourd'hui: un grand homme à la peau d'ébène et au regard indéchiffrable.

    - Ensuite, je choisirais les meilleures d'entre elles. Et celles-là, je les ferais se battre. S'opposer. Pour que ne reste que la meilleure. La plus apte.

     Il sourit, avec un semblant de fierté.

    - Ma première Émissaire.
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    Re: [Chapitre 1] L'Éveil

    Message par Olivia Leroux le Sam 23 Juil - 4:38

    - C'est...C'est pas possible. Je sais pas si je peux te croire.

     Steve secoue la tête et reporte son attention vers le pare-brise, mais c'est inutile : la route ne se dégage pas. Ça fait un moment que nous n’avançons plus que par à-coup. C'était prévisible. Il y a une raison pour laquelle le New Yorkais moyen ne circule pas par la voiture, et c'est bien celle-ci. Aujourd'hui pourtant, je ne m'en plains pas. Au contraire, j'ai calculé l'embouteillage et prévu d'aller juste là où il était. Pas pour admirer le spectacle des pots d'échappement et des visages rougis de frustration ou bien écouter la douce mélodie des klaxons et des insultes balancées par les chauffeurs de taxis. Non, si je suis là, aujourd'hui, c'est pour discuter. Discuter en paix.

     Même si la négociation s'annonce difficile.

    - Je te promet que je ne mens pas. Pourquoi tu crois que je prendrais tous ces risques, sinon ?

     J'indique la rue d'un mouvement de tête.

    - Des risques ? Ça, c'est toi qui le dit. Et d'abord, si c'est vraiment aussi risqué, pourquoi tu préviens pas la police?

    - Si tu crois que j'ai pas essayé! La première fois, ils m'ont pas crue. La deuxième... J'ai réalisé qu'il pourrait y en avoir parmi eux, alors j'ai pas franchit la porte.

    Steve reste silencieux, et je sens qu'il prépare quelque chose. Je ne me trompes pas.

    - Tu m'as parlé de noms . Pourquoi tu ne m'en donne pas un ?

    - Je ne peux pas te donner trop de détails, et ça, tu le sais parfaitement ! Sinon, pourquoi tu me prendrais cet article, hein ?

    - Alors c'est tout ce que tu as à m’offrir? Il me demande. Des noms ? Aucune vraie preuve? Juste des noms?

    - Il y en assez là-dedans pour qu'il y ait des risques, j'assène. Tu sais bien que ça vaut toutes les preuves si c'est vrai. Et je peux te jurer que ça l'est. Je met mon nom là-dessus, Steve. Cet article est supposé lancer ma carrière, pas la flinguer.

     Il me considère un instant, puis secoue résolument la tête.

    - Je ne peux pas te croire juste comme ça. Donne moi quelque chose.

     Je croise les bras sans rien dire.

    - Et si je te promet que rien de ce que tu ne me diras ne sortiras de cette voiture ? Demande Steve.

    - Alors tu engageras un reporter dès que tu seras dehors. Non, écoute. Sois tu achètes, sois c'est non.
    J'agite la clé USB que j'ai dans ma main. Il tourne la tête et je peux voir un éclat d'envie dans ses yeux. Je sais qu'il voudrait me croire, même si il a du mal.

    - C'est l'article de l'année, et tu le sais, j'attaque.

    Il hausse les épaules.

    - C'est plutôt le genre de choses qu'on trouve dans les faits divers, d'habitude.

    - Tu plaisantes ? Je m'indigne.

    - On parle d'une secte, là.

    - Une secte mondiale qui tue des gens et a le pouvoir de les faire disparaître. Une secte mondiale qui compte de grands noms. La presse mondiale se les arracherait déjà si elle savait. Et c'est toi qui aurait le gros lot.

    - Comment je peux être sûre que tu te fous pas de moi ? C'est pas comme si c'était pas déjà arrivé, en plus.

     Je me renfonce dans la banquette arrière.

    - Steve, on est des journalistes. Par conséquent, on se fait des sale coups. C'est dans notre code de l'honneur, tu le sais bien. Si tu ne m'a pas toujours pas pardonné, pourquoi tu m'as pris dans ta voiture ?

     Il soupire.

    cw :

    - Parce que tu m'a promis un gros truc. Mais ça... On dirait une putain d'histoire inventé.

    - Tu m'as dis que t'avais aucun reportage intéressant, et le bouclage est demain de toute façon. T'as pas le luxe de pouvoir cracher là-dessus.

     J'ai touché un point sensible. Steve se rembrunit.

    - Tu sais que si t'étais pas l'amie de mon frère, on se serait jamais parlé, il réplique. Je veux pas te vexer, Olivia, mais tu bosses pour le papier de Baltimore, pas dans un journal mondial. Je sais pas si t'es vraiment à la hauteur.

    - Je suis freelance, maintenant, je corrige sans perdre mon calme. Et tu sais aussi bien que moi que si j'avais ton âge, je...

     Un klaxon retentit juste à côté de nous.

    - Peu importe, j'abrège. Tu sais quoi ? Regarde.

     Je viens d'avoir une idée. Je sors mon sac, le fouille, et finit par en sortir quelques papiers. J'en tiens un bien devant ses yeux.

    - C'est quoi ? Il me demande en le parcourant, les sourcils froncés.

    - Mes frais d'hôpitaux. Tu vois, j'ai vraiment été...

    - Tu gardes toujours ça sur toi ? Il me coupe.

     Je hausse les épaules et réponds :

    - Ils plaisantent pas, avec les factures. Si jamais j'oubliais le jour du versement...

    - Je ne comprends pas pourquoi tu reprends pas ton travail au Baltimore Today, il me coupe encore.

    - Je te l'ai dit, Steve ! Je m'exclame, perdant patience. Ils me suivent. Ils me suivent partout ! Ils savent que j'ai ces infos. Ils savent qui je suis. Et ils veulent m'empêcher de leur utiliser. T'imagines même pas comment ils sont motivés. Ils sont venus à l'hôpital, heureusement je me suis réveillée avant qu'ils arrivent et j'ai pu appelé à l'aide. Quand je suis rentrée chez moi, le téléphone et internet avaient été coupés. Coupés, tu te rends compte ?  Je suis partie aussitôt. Après il y avait une camionnette louche devant l'immeuble, et j'ai même pas pu revenir chercher quelques affaires. Et il y en avait aussi une devant le journal. Ils veulent m'empêcher de dire tout ça. Et ils arrêtent pas de me retrouver.

     Et le pire, c'est que je sais pourquoi. Je suis obligée d'utiliser ma carte de crédit pour les virements de l'hôpital. Tant que je n'en aurais pas finit cette satanée facture je serais toujours en danger. J'ai besoin d'argent, et cet article va m'en rapporter. C'est aussi pour ça que je dois l'obtenir. C'est vital. Bien sûr je ne dirais rien de tout ça à Steve. Si il savait combien j'en ai besoin, il ne voudrait pas croire qu'il a quelque chose à y gagner.

    - Je sais pas... Il dit, toujours hésitant.

    - Regarde ça ! J'insiste en lui agitant mon papier sous le nez.  Fracture au poignet. Points de Sutures. État de choc. Tu crois que j'invente ça ?

    - Non. Non, mais tu avoueras que c'est complètement fou...

    - Parce que c'est complètement fou. Ce que j'ai pu trouver... T'imagines même pas. Tous ces gens, ils y croient vraiment. Ils ont des tas de documents qui parlent que de ça. Ces histoires de réincarnation...D'âmes "perdues"... Des gens qui auraient l'esprit de morts dans leur tête, d'après ce que j'ai compris. Bon, j'ai pas eu le temps de creuser le sujet, pour des raisons évidentes...

     Les souvenir désagréables de  ma capture, puis de la course-poursuite qui a suivit me reviennent à l'esprit et je me renfonce dans mon siège, mal à l'aise.

    -  Et ces "exorcistes" - je t'ai dit? Ils se font appeler " exorcistes" . - ils les tuent.  Ils tuent tout ceux qu'ils prennent pour ces... ces réincarnations. Ils pensent même qu'ils ont...des genres de pouvoirs divins, pour les combattre. Il y a un mec, un ministre. Il en parlait sérieusement! Oui, c'est complètement fou...Et réel.

    - Mais t'as aucune vraie preuve, s'obstine Steve.  Je ne comprends pas pourquoi tu comptes lancer ta carrière sur un coup foireux comme ça.

    - Parce que des vraies preuves, j'en aurais, je réplique. Dans cet article, il y a tout sur ces "exorcistes", leur culte, leur croyances, leurs activités, leurs noms...Et à la fin, mon mail. " Si vous avez des informations, envoyez les à cette adresse, tu vois le genre" ?

    cw:

    - Un article, c'est pas un putain d'avis de recherche, il grogne.

    - Cet article, si, je le contredis. C'est un narratif. ( je prend la voix d'une présentatrice télé ). Plongée d'une journaliste au milieu d'une organisation sectaire ...

    - Sans preuves.

    - Ok, ils ont eu mon portable et mon appareil. Mais j'avais un document. Avec des noms. Il est dans l'article.

     Il la regarde. Il hésite. Il lui en faudra plus. Allons-y.

    - C'est une liste de noms, avec des colonnes à côté. Une des colonnes, c'est "nombre de dommage". Je...Je crois que ça veut dire le nombre de morts.

     Steve capitule. Son instinct de journaliste, sa curiosité naturelle, ou tout simplement l'heure qui tourne et aucun message pour lui dire qu'on a trouvé un bon article bouche-trou... En tout cas, il prend la clé dans ma main tendue.

    - Le contrat, je dis immédiatement.

     Il est parfaitement capable de partir avec le document.

    - Ça va, ça va, il grogne. Je sais bien que ta sœur a tout sécurisé. Si j'ouvre le truc sans le mot de passe, ça va détruire mon ordinateur, c'est bien ça?

    - Et probablement vider ton compte bancaire, je répond avec fierté.

     Nous concluons l'affaire. La voiture se gare au bord du trottoir. Une heure et demie d'embouteillages; c'est ce qu'il a fallut pour m'amener à l'hôtel. De l'extérieur, on a du croire que j'ai demandé à un ami de m'offrir le trajet depuis la 5ème Avenue. Pas que j'ai échangé des infos compromettantes. C'est en tout cas ce que j'espère.

    - Alors, je demande avant d'ouvrir la portière, il sera publié dès demain?

    - Dès demain matin.

     Je souris en remontant la rue jusqu'à l'hôtel miteux où j'ai élu domicile. Pas seulement parce que je vais enfin avoir mon premier article à succès dans un quotidien mondial, où bien parce que je sais que dès demain, je ne serais plus la priorité de ces "exorcistes".  Non, ce qui me rend heureuse, c'est de savoir qu'avec cet article, je vais bien finir par les retrouver, et par démêler toute l'affaire. Et là, ils vont bien voir.
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    Le Père des Exorcistes
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    Re: [Chapitre 1] L'Éveil

    Message par Le Père des Exorcistes le Mer 27 Juil - 19:18

    Exclamation ATTENTION, propos vulgaires et violents.

    Il avait lu l'article dans le journal, avec deux jours de retard. Il avait immédiatement compris les regard apeurés de ses exorcistes ces derniers temps. Personne le lui avait rien dit. Personne n'avait jugé bon de lui dire. Elias était hors de lui. Tout ce travail, ces années de boulot, foutues en l'air par une connasse de fouine. Maintenant, ce qu'il voulait, c'était le nom des dégénérés qui l'avaient laissé s'échapper.

    " Adrianne ! "

    La jeune femme arriva presque immédiatement. Elle avait l'air désespérée.

    " Oui, Père ? "

    Elle avait peur. Ca s'entendait. Peur qu'il se défoule sur elle. Il aurait pu. L'idée de lui faire du mal faillit lui tirer un sourire, mais il se reconcentra rapidement. Cette fois, c'était important.

    " Rassure toi, ma belle, je ne vais pas me fâcher. "

    La brune frissonna. Elle détestait la familiarité déplacée dont il usait avec elle. C'était un jeu pour lui. De voir jusqu'où il pouvait aller.

    " Tu savais ? "

    Le Père jeta le torchon sur son bureau, le gros-titre bien en vue.

    " Les Exorcistes, une secte de tueurs sanguinaires. Sérieusement ? Et personne ne juge bon de m'en parler ? "
    " Pardon, Père Elias, mais vous devez comprendre ... "

    Il secoua la tête. La jeune femme se tût. Elle reserra son étreinte sur sa tablette, plaquée contre sa poitrine.

    " Ecoute ma jolie, je m'en fou complètement des états d'âme de tout le monde. Un truc aussi grave, on m'en parle. Compris ? "
    " Oui monsieur. "
    " Bon. Qui a fait ça ? "

    Adrianne se tortilla, et replaça ses lunettes d'un doigt.

    " Une journaliste. Oliv- "
    " Pas la fille. Je sais lire. Qui a merdé, chez nous, Adrianne. "

    Il y eut un silence un peu trop long. Elias allait faire une remarque, mais avant qu'il n'ouvre la bouche, sa secrétaire lâcha sa tablette et tomba à genoux, les larmes aux yeux. Il haussa un sourcil. Pour sûr, il ne s'attendait pas à ça.

    " S'il vous plaît, pitié, Elias, ne les tuez pas ! "

    Ah. Effectivement. C'était étonnant. Il s'approcha doucement de la jeune femme qui sanglotait doucement.

    " Adrianne, enfin ... Tu sais bien que je n'ai pas le choix. Un merdier comme ça, c'est pas rattrapable. Ils doivent payer pour ce qu'ils ont fait. "

    Ses sanglots se muèrent en de grosses larmes.

    " Pitié, je ferais tout ce que vous voudrez ... " elle souffla.

    Tout ? Elias glissa sa main dans la tignasse brune. Il la tenait. Ca y est. Elle s'offrait carrément à lui. Cette histoire de scandale n'était pas un total désastre finalement.

    " ... Il y a quelqu'un que tu connais dans l'équipe, c'est ça ? "

    Elle sembla hésiter, puis hocha finalement la tête. Elias réflechissait à toute vitesse. Il avait là une occasion en or de jouer. Comme il pouvait aimer la torture mentale !

    " Mh. Bien. Ecoute ma belle, je peux peut-être faire quelque chose pour toi. "

    La jeune femme releva ses yeux suppliant, brillants de larmes et soudain pleins d'espoir vers le Père.

    " Tu sais que tu me plais, hein. "

    Ce n'était pas une question. Elle fut secouer par un violent frisson, et dû retenir son haut-le-coeur.

    " Je vais épargner une personne. Celle que tu veux. Tu me donneras son nom. A la place, je jetterais ton mari aux chiens. Et tu te donneras à moi. Je te tuerais surement après, si tu m'ennuies. Réfléchis bien. La personne dont tu me donneras le nom sera sauve, tu as ma parole. "

    Et il s'y tiendrait. Il mentait souvent, mais rarement quand il donnait sa parole. Il appréciait la loyauté. Il voulait quand même ressembler à ses valeurs. Adrianne à ses pieds semblait dévastée. Elle était tellement choquée qu'elle ne pleurait plus. Mais elle commençait à avoir un inquiétant teint vert.

    " Adrianne ? "

    Elle ferma les yeux. Pris une profonde inspiration.

    " Je veux deux noms. Deux nom, deux personnes à sauver. Vous aurez ... " elle manqua de vomir, réussit à se retenir. " Vous aurez ce que vous demandez. Yrloff... Yrloff, et moi. Contre deux noms. Vous pourrez ... "

    Elle baissa les yeux.

    vulgaire, choquant:
    " Vous pourrez me baiser, et me jeter aux chiens si ça vous chante. Tant pis pour Yrloff. Tant pis pour moi. Je vous demande deux noms, sinon je ne dirais rien. "

    Elias ne savait pas vraiment quoi penser. Elle savait qu'il pouvait obtenir l'information de n'importe qui d'autre. Qu'il pouvait la trouver lui-même. Mais elle cherchait à négocier. Elle cherchait à se rendre indispensable.

    " Deux noms. "

    Sa voix était plus ferme. Elle ne marchandait plus. Elle exigeait. Un frisson d'excitation secoua le dos du Père. Il se demanda pourquoi il n'avait pas joué avec elle plus tôt. Cette fille était pleine de surprises.

    " Deux noms, marché conclus. Et tu me diras qui nourrira mes chiens, en plus d'Yrloff. "

    Elle tiqua.

    " Vous ... Ce n'est pas moi la deuxième ? "

    Effet réussit. Il étira un sourire.

    " Ce serait trop facile. Demain, tu me donneras un nom. Pour le moment, je veux la base. Vite, avant que je ne change d'avis. "
    " La base de Yellowstone. "
    " Et tes deux noms ? "
    " Guillaume et Antoine. Ce sont les seuls français de la base. Ce sont mes frères. "

    Elias hocha la tête. Il avait ce qu'il voulait. Maintenant, les fous qui ne s'étaient pas encore enfuis de leur base allaient passer leurs derniers instants.

    " Bien. Va maintenant. J'ai un massacre à préparer. "

    Il se pencha, resserrant ses doigts dans les cheveux de la brune, et releva son visage pour l'embrasser. Elle retint son souffle. C'en était trop pour elle. Il la relâcha finalement, juste à temps pour qu'elle tourne la tête et se mette à vomir tout ce que contenait son estomac. Elias retourna à son bureau avec un sourire satisfait.

    Il fit appeler Rolan, et planifia de raser purement et simplement le site. Il enverrait des troupes pour être certain de ne laisser aucun survivant. Prochaine étape: la fille. Il allait engager les meilleurs, et il retrouverait cette Olivia. Il était conscient qu'il n'était plus question de la tuer, maintenant qu'elle était mondialement connue. Mais il fallait qu'il la rencontre, pour la convaincre qu'elle avait mal compris, et lui faire écrire un démentis. Il fallait l'empêcher de nuire davantage à l'organisation. Ca donnait des coups d'avance à Anje, et ça, il ne le supportait pas.

    Suite facultative Smile:
    Le soir venu, on lui confirma que le site de Yellowstone n'existait plus. Il allait éteindre la lumière de son chevet, quand la porte de sa chambre s'ouvrit en grinçant. Adrianne passa la tête dans l'entrebaillement.

    " Père Elias ? "
    " Adrianne ? " il s'étonna.

    Il ne pensait pas la revoir tant qu'il ne l'aurait pas exigé. Pour une surprise ...

    " J'ai eu mes frères. Ils vont bien. "

    Elias hocha la tête. C'était donc ça. Elle venait dire merci.

    " Je ne pensais pas, honnêtement, que vous les épargneriez. "
    " Je t'ai fait une promesse, ma jolie. "

    Elle baissa les yeux, elle avait l'air troublée.

    " Je vous déteste. " elle laissa finalement tomber.

    L'annonce fut suivie d'un long silence. Elias plissa d'abord les yeux, puis se mit doucement à sourire.

    " Je sais. "
    " Vous me dégoutez. Je ne veux pas que vous me touchiez. "
    " Je sais. "

    Elle releva un regard glacé qu'elle encra dans celui du Père.

    " Yrloff et Rolan. "
    " Non. "
    " ... Déborah. "
    " Bien. "

    Ses lèvres restaient entrouvertes. Elle voulait dire autre chose, mais n'osait pas.

    " Dis moi, Adrianne. "
    " Je refuse de coucher avec vous. Mais je resterais à vos côtés, si vous promettez de ne pas me toucher. "

    Elle était amusante. Au fond, elle savait parfaitement qu'elle n'avait pas son mot à dire. Mais elle négociait. C'était mignon. Ca plaisait à Elias. Pour une fois qu'on lui tenait tête... Il appréciait. Il était de bonne humeur. Il ne dit rien, se contenta de sourire. Alors elle se détendit, et osa même un sourire à son tour. Puis doucement, elle resortit de la chambre et referma la porte.

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    Re: [Chapitre 1] L'Éveil

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      La date/heure actuelle est Lun 26 Juin - 3:45